Il y a encore dix ans, Phu Quoc se méritait : deux vols par jour, quelques homestays en tôle ondulée, et des plages qu’on avait pour soi. L’île d’Émeraude a changé de visage depuis, avec des resorts cinq étoiles, un téléphérique, un parc à thème. Mais elle a gardé, en s’éloignant un peu des axes principaux, cette même lumière rasante sur une mer turquoise qui a fait sa réputation. Ce guide complet pour visiter Phu Quoc rassemble ce qu’il faut vraiment savoir avant de partir : quand y aller, comment s’y rendre, où dormir, et ce qui mérite réellement le détour.
Tout dépend de ce que vous cherchez. Pour un ciel dégagé, une mer plate et un soleil qui ne faiblit pas, visez la période de novembre à avril : c’est la saison sèche dans le Sud du Vietnam, idéale pour les séjours balnéaires et la détente pure. Revers de la médaille, c’est aussi la haute saison : les tarifs grimpent et les plages les plus connues se remplissent.
De mai à octobre, l’île bascule dans la saison des pluies, parfois ponctuée de tempêtes. Ce qui surprend souvent les visiteurs, c’est que Phu Quoc reste très fréquentée à cette période : ce sont les vacances d’été, et beaucoup de familles vietnamiennes en profitent malgré la météo incertaine. Si vous devez composer avec cette fenêtre, deux moments se détachent : la fin du mois d’avril, quand la foule n’est pas encore arrivée et que les prix restent doux, et le mois d’octobre, qui marque la transition vers la saison sèche avec des précipitations déjà en net recul.
Vietnam Airlines, Bamboo Airways et Vietjet Air assurent des vols directs vers Phu Quoc depuis la plupart des grandes villes du pays : Hanoï, Haiphong, Thanh Hoa, Vinh, Hué, Da Nang, Nha Trang, Da Lat, Buôn Ma Thuôt. En surveillant un peu les promotions, on trouve régulièrement des allers-retours autour d’un million de dongs.
L’aéroport se trouve à une quinzaine de minutes du centre de l’île seulement. Beaucoup d’hôtels et de resorts haut de gamme incluent une navette gratuite depuis l’aéroport : ça vaut le coup de le demander au moment de la réservation, plutôt que de découvrir l’option une fois sur place.
L’avion n’est pas la seule option. Pour les voyageurs qui aiment prendre leur temps, ou qui veulent simplement éviter l’aéroport, il est possible de rejoindre l’île en moto, en voiture, en bus, puis en ferry ou en bateau rapide.
Le bateau rapide reste la solution la plus confortable pour ceux qui craignent le mal de mer. Deux points de départ existent : Rach Gia (120 km, environ 2h30 de traversée) et Ha Tien (50 km, environ 1h30). Partir de Ha Tien réduit sensiblement le temps passé en mer et coûte souvent un peu moins cher : c’est l’option qu’on recommande la plupart du temps. Un conseil qui revient souvent : réservez vos billets à l’avance, les traversées se remplissent vite en haute saison.
Ceux qui font le trajet en voiture privée partent généralement de nuit, pour arriver à Ha Tien vers 4h du matin et embarquer sur le premier ferry, de quoi admirer le lever du soleil en pleine mer. Comptez plus de six heures de route depuis Hô Chi Minh-Ville. Prévoyez de quoi manger et boire, quelques couvertures, et si possible deux conducteurs qui se relaient : la route de nuit demande de la vigilance.
Enfin, le bus reste l’option la plus économique. Plusieurs compagnies fiables (Phuong Trang, Mai Linh, Kum Ho) relient le centre-ville de Hô Chi Minh-Ville à Ha Tien pour un tarif compris entre 150 000 et 260 000 VND par personne.
Sur place, deux moyens dominent largement : le taxi et la moto. Les compagnies de taxi proposent des forfaits à la demi-journée ou à la journée, entre 500 000 et 700 000 VND, pour explorer le Nord ou le Sud de l’île avec un chauffeur qui connaît les meilleurs points de vue. C’est confortable, mais ça a un coût.
La location de moto (100 000 à 150 000 VND par jour, essence non comprise) donne beaucoup plus de liberté, à condition d’être à l’aise sur deux roues. Un dépôt de pièce d’identité est généralement demandé. Avant de démarrer, prenez cinq minutes pour vérifier les freins, les clignotants et les phares : les loueurs ne sont pas tous aussi rigoureux les uns que les autres sur l’entretien.
Des bus locaux desservent les grands axes entre l’aéroport, le bourg de Duong Dong et le port d’An Thoi, pour 10 000 à 40 000 VND. C’est économique, mais peu pratique dès qu’on veut sortir des sentiers battus : la plupart des sites touristiques sont éloignés des routes principales.
L’offre d’hébergement à Phu Quoc va du simple homestay au complexe hôtelier de classe internationale, et chaque profil de voyageur y trouve son compte. Pour les petits budgets, le homestay reste imbattable. Pour un séjour en famille ou professionnel, mieux vaut viser le bourg de Duong Dong : sa position centrale donne un accès facile aux sites touristiques comme aux zones commerçantes.
Côté tarifs, l’éventail est large. Des adresses comme le Saigon Phu Quoc Resort ou l’Eden Resort démarrent autour de 1 500 000 VND la nuit. Les hôtels 3 à 4 étoiles oscillent plutôt entre 1 000 000 et 1 500 000 VND. Pour un confort simple sans se ruiner, des adresses comme le Gold Hotel ou le Sea Star Resort (catégorie 2 étoiles) affichent des prix très abordables, entre 600 000 et 800 000 VND.
Petite particularité de Phu Quoc, contrairement à d’autres stations comme Nha Trang : les plus belles plages ne longent pas forcément les grands axes routiers. Si vous cherchez le calme, orientez-vous plutôt vers une villa ou un bungalow directement en bord de mer, comptez entre 1 800 000 et 7 000 000 VND la nuit selon le standing.
Chaque zone de l’île a sa propre ambiance. Au Nord, on retrouve des enseignes connues comme Vinpearl ou Fusion Resort. À l’Est, dans la commune de Ham Ninh, le Rocks Beach Boutique, surnommé « le petit Maldives », s’est imposé comme une étape incontournable depuis 2022. Entre le Nord et le centre, la plage d’Ong Lang abrite le Mövenpick et le Mango Bay Resort. Le centre et le Sud, enfin, concentrent des adresses prestigieuses : le Pullman, l’InterContinental, ou encore l’emblématique JW Marriott Phu Quoc Emerald Bay, posé sur la plage de Khem.
Les sites touristiques de l’île se répartissent en quatre zones : le centre-ville (bourg de Duong Dong), le Sud, le Nord et l’Est. Si vous voulez avoir un vrai aperçu de Phu Quoc et pas seulement de sa côte la plus photographiée, comptez au minimum deux jours pour couvrir l’ensemble des lieux qui valent le détour.
C’est la partie de l’île qui a le mieux résisté au tourisme de masse. Forêts primaires, villages de pêcheurs qui vivent encore de la mer plus que du tourisme : le Nord de Phu Quoc a gardé quelque chose d’authentique.
Le Parc National de Phu Quoc s’étend sur plus de 31 400 hectares et abrite des centaines d’espèces animales et végétales.
On peut y explorer une végétation dense et rejoindre des sources d’eau limpide comme Suoi Tranh, Suoi Da Ban ou Suoi Da Ngon. Les plus motivés tenteront l’ascension du mont Chua : quatre heures de randonnée pour un panorama à 565 mètres d’altitude qui vaut largement l’effort.
À environ 15 km du bourg de Duong Dong, le village de pêcheurs de Rach Vem mérite qu’on s’y arrête, surtout pour les amateurs de photo. On le surnomme le « royaume des étoiles de mer » : entre décembre et avril, quand la mer est calme, elles se laissent voir en abondance dans les eaux cristallines. L’accès devient plus compliqué en saison des pluies, mais le charme reste intact : maisons flottantes, pontons en bois qui s’avancent sur l’eau, et des produits de la mer frais et bon marché à déguster sur place, sans artifice touristique.
Pour les familles ou ceux qui cherchent une pause plus ludique, le Vinpearl Safari abrite plus de 3 000 animaux répartis sur 175 espèces, dans un zoo ouvert et un parc semi-sauvage qu’on explore en véhicule sécurisé. Juste à côté, VinWonders combine manèges à sensations et aquarium géant, de quoi occuper petits et grands une journée entière.
Pour finir en beauté, la Pointe de Ganh Dau, à l’extrémité nord-ouest, offre un paysage brut de récifs rocheux et de plages désertes. Et impossible de quitter le Nord sans passer par les jardins de poivriers de la zone de Khu Tuong : c’est l’occasion de découvrir la culture du fameux poivre de Phu Quoc et de rapporter un souvenir qui a vraiment du sens.
Bai Sao figure sans conteste parmi les plus belles plages de Phu Quoc. Située dans le bourg d’An Thoi, à environ 28 km de Duong Dong, elle déroule plus de 7 km de sable blanc immaculé le long d’une eau turquoise. On y vient au lever du soleil pour la marche tranquille, ou simplement pour se baigner et prendre des photos qui n’ont pas besoin de filtre. La mer y est assez calme pour pratiquer le kayak, dont la location tourne autour de 100 000 à 150 000 VND.
Bai Truong (Long Beach), avec ses 20 km de côte, est l’un des meilleurs spots de l’île pour admirer le coucher de soleil. Le club Sunset Sanato Beach y est devenu une référence pour ses installations en bambou un peu extravagantes : pontons avançant sur la mer, éléphants sur échasses, maisons en forme de coquillage, balançoires suspendues, le tout baigné dans la lumière orangée du crépuscule.
Sur le plan spirituel, Dinh Ba et Dinh Cau, à Duong Dong, sont les deux sites les plus sacrés de l’île. Nourris de légendes locales, ce sont des lieux où les pêcheurs viennent prier pour la sécurité en mer et des récoltes abondantes ; de grands festivals s’y tiennent chaque année, le 15e jour du premier mois lunaire. Juste à côté, la Pointe de Dinh Cau offre une vue imprenable sur le coucher de soleil, entre récifs rocheux aux formes tourmentées. De mai à septembre, ciel et mer s’y confondent dans un dégradé de bleu assez spectaculaire.
Pour un moment plus historique, la Prison de Phu Quoc, dans le hameau de Cay Dua (An Thoi), retrace à travers des reconstitutions le passé douloureux de l’île. L’entrée est gratuite, tous les jours de 7h à 17h.
Et pour clore la journée sur une note plus légère, le Marché nocturne de Phu Quoc, rue Bach Dang, s’anime de 17h à 23h. Fruits de mer frais, spécialités locales (nuoc-mam, bonbons au myrte sim, poivre), artisanat : c’est l’endroit rêvé pour goûter aux petits plaisirs de rue : glaces roulées, gâteaux aux œufs, gâteau au sucre de palme.
Pour les gourmands, la fenêtre de mai à novembre est particulièrement intéressante : c’est la saison de pêche principale, et les produits de la mer arrivent sur les tables avec une fraîcheur et des prix qu’on ne retrouve pas le reste de l’année.
C’est le plat qu’on vous recommandera partout, des tables populaires aux restaurants raffinés. Le hareng, préparé avec soin, se roule dans du papier de riz avec des herbes fraîches, puis se trempe dans une sauce de poisson parfumée. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’a aucune odeur forte de poisson.
Petit de taille, mais réputé pour sa chair ferme et savoureuse. Selon la saison, comptez entre 200 000 et 500 000 VND le kilo. On le préfère simplement bouilli, avec une sauce sel-poivre-citron vert qui laisse le crabe parler de lui-même.
Un régal pour les fins gourmets : ce muscle de coquillage grillé au sel et au piment garde une texture croquante et une saveur umami que les versions sautées ou bouillies n’arrivent pas à égaler.
Produit de luxe pour sa haute valeur nutritive, souvent sauté avec du melon amer ou mijoté avec de la viande pour ses vertus fortifiantes. Sa rareté se reflète dans le prix : comptez près d’un million de VND le kilo.
Une soupe de nouilles de riz au nom presque aussi singulier que le goût : vermicelles fins, herbes aromatiques, concombre et papaye râpée, le tout nappé d’un bouillon onctueux à base de poisson et de lait de coco.
Un champignon éphémère qui n’apparaît qu’après les premières pluies de la saison. Si vous avez la chance d’en croiser, goûtez-le en soupe avec du poulet ou des boulettes de poisson : sa saveur boisée est difficile à retrouver ailleurs.
Contrairement au Centre du Vietnam, où on le cuisine surtout en porridge, à Phu Quoc l’oursin se déguste principalement grillé au charbon de bois avec de l’huile d’oignon vert, ou cru, avec simplement un filet de citron.
Réputé en médecine traditionnelle pour ses bienfaits, l’ormeau de Phu Quoc se savoure grillé, sauté ou en soupe, pour une expérience à la fois saine et raffinée.
En dehors de ces plats, l’île regorge d’autres trésors à goûter : le sirop et le vin de myrte (sim), le poivre noir, la fameuse sauce de poisson (nuoc-mam), le crabe royal ou les calamars grillés. On les trouve facilement partout, des marchés nocturnes aux complexes hôteliers les plus luxueux.
Île oblige, Phu Quoc est un excellent terrain pour les amateurs de fruits de mer d’une fraîcheur exceptionnelle : crabes, oursins, harengs, ormeaux, escargots de mer. Pour une expérience authentique à prix locaux, les villages de pêcheurs de Ham Ninh, Cua Can et Rach Vem restent des étapes incontournables, où l’on mange la pêche du jour dans un cadre pittoresque, loin des menus touristiques.
Dans le bourg de Duong Dong, quelques adresses reviennent souvent dans les recommandations :
L’île regorge de trésors locaux, qu’on rapporte pour soi ou pour offrir : perles, sauce de poisson, poivre noir, vin de myrte. Voici ceux qui valent vraiment la peine d’être ramenés.
Les perles de Phu Quoc
Véritable symbole de l’île, leur prix varie énormément selon la qualité, la couleur et la taille. Pour acheter en toute confiance, les fermes perlières Ngoc Hien et Quoc An sont des références connues pour leur authenticité.
La sauce de poisson (Nuoc-mam)
Mondialement réputée pour sa pureté et son intensité, c’est un produit d’exception. On peut visiter les « maisons de fûts » (nhà thùng) pour voir le processus de fermentation de près. Les marques les plus prestigieuses : Phung Hung, Khai Hoan, Thinh Phat et Hung Thinh.
Le poivre de Phu Quoc
Réputé pour son piquant marqué et son arôme puissant, il figure parmi les meilleurs au monde. Le mieux est de l’acheter directement chez les producteurs, notamment dans les jardins de Khu Tuong ou de Suoi Da.
Le vin de myrte (Rượu Sim)
Élaboré traditionnellement par fermentation de baies de myrte rose avec du sucre, ce vin est apprécié pour ses vertus digestives et son effet apaisant sur les courbatures. On le trouve facilement chez des producteurs reconnus comme Sim Son ou Bay Giao.
Les produits de la mer séchés
Pour prolonger un peu les saveurs de l’île une fois rentré, beaucoup de voyageurs rapportent des concombres de mer, des calmars séchés ou divers poissons fumés. Le marché nocturne de Duong Dong en propose un large choix, à des prix qui varient selon la saison et la taille.
Conseils et précautions pour votre séjour
La saison sèche, de novembre à avril, offre le ciel le plus dégagé et la mer la plus calme, mais c’est aussi la haute saison. Fin avril et octobre sont deux bonnes alternatives pour profiter d’un temps clément avec moins de monde et des tarifs plus abordables.
Le plus simple reste l’avion, avec des vols directs depuis les grandes villes du Vietnam. Pour les voyageurs qui préfèrent la route et la mer, un bateau rapide depuis Ha Tien (1h30) ou Rach Gia (2h30) permet de rejoindre l’île après un trajet en bus ou en voiture.
Les homestays restent l’option la plus économique. Le bourg de Duong Dong convient bien aux familles pour sa position centrale. Pour plus de calme, les villas et bungalows en bord de mer au Nord ou à l’Est de l’île offrent un cadre plus isolé, à des tarifs plus élevés.
Bai Sao, dans le Sud, est réputée pour son sable blanc immaculé et ses eaux turquoise. Bai Truong (Long Beach), qui s’étend sur 20 km, est surtout appréciée pour ses couchers de soleil. Toutes deux figurent parmi les incontournables de l’île.
Les perles, la sauce de poisson (nuoc-mam), le poivre noir et le vin de myrte (rượu sim) sont les produits emblématiques de l’île, tous disponibles directement auprès des producteurs ou sur les marchés locaux.
Entre plages encore préservées, forêt primaire et une cuisine de la mer qu’on ne trouve nulle part ailleurs au Vietnam, Phu Quoc mérite plus qu’un simple passage, surtout si vous prenez le temps de sortir des zones les plus touristiques.
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