Les villages touristiques du Vietnam 2026 ont chacun une histoire à raconter. Certains commencent par une photo. D’autres commencent par un nom murmuré dans un bus de nuit, entre deux arrêts, par un chauffeur qui connaît chaque village comme sa propre maison. Le pays les a sélectionnés pour concourir au prestigieux label « Best Tourism Villages » de l’Organisation mondiale du tourisme (ONU Tourisme). Ainsi, cinq destinations rurales et cinq visages du Vietnam profond ont été choisis parmi des dizaines de candidatures pour représenter le pays sur la scène internationale. Il s’agit de Cát Cát à Sa Pa, de la forêt de cocotiers de Cẩm Thanh près de Hội An, du village de cabanes dans les arbres de Măng Đen, du village communautaire de Hữu Liên à Lạng Sơn, et enfin du petit village de pêcheurs de Làng Lò, sur la côte de la nouvelle province de Đắk Lắk.
Ce n’est pas un hasard si ces lieux touchent autant les voyageurs qui les traversent. En effet, chacun raconte une histoire différente. Ici, une ethnie H’mông tisse le chanvre depuis des générations. Là, un village de guerre s’est reconverti en jardin flottant de cocotiers, tandis qu’une forêt tropicale invite à dormir suspendu entre les branches. Ailleurs encore, une savane calcaire surnommée « la petite Mongolie du Vietnam » côtoie un hameau de pêcheurs dont les fours à poisson fumé ont donné leur nom à toute une communauté. Ensemble, ils dessinent une carte sensible du Vietnam rural, loin des sentiers battus, là où le tourisme rime encore avec authenticité et lien humain.
Dans cet article, nous vous emmenons donc village par village. Vous y trouverez les informations pratiques nécessaires pour organiser votre propre itinéraire : distances, moyens de transport, meilleures saisons. Mais surtout, vous découvrirez l’émotion que ces lieux inspirent à quiconque prend le temps de s’y arrêter.
Avant de partir à la rencontre de ces cinq villages, il est utile de comprendre l’enjeu de cette distinction. Le programme Best Tourism Villages by UN Tourism, lancé par l’agence spécialisée des Nations Unies pour le tourisme, récompense chaque année des villages du monde entier qui parviennent à concilier préservation du patrimoine culturel et naturel, protection de l’environnement, implication de la communauté locale et développement économique durable. Les critères d’évaluation portent notamment sur les ressources culturelles et naturelles du village, la gouvernance locale, les infrastructures, la connectivité, ainsi que la santé et la sécurité des visiteurs.
Le Vietnam n’en est pas à son coup d’essai : plusieurs villages du pays ont déjà été distingués les années précédentes, dont le désormais célèbre Lô Lô Chải, hameau de l’ethnie Lô Lô niché au pied du plateau karstique de Hà Giang, et Tân Hóa, village de Quảng Bình reconnu pour son tourisme résilient face aux inondations. Ces précédents succès ont ouvert la voie à cette nouvelle génération de candidatures 2026, dont les résultats définitifs sont attendus au dernier trimestre de l’année. Pour suivre l’actualité officielle du programme et consulter la liste complète des villages primés à travers le monde, vous pouvez consulter le site de l’ONU Tourisme.
Hữu Liên fait partie des villages touristiques du Vietnam 2026 sélectionnés par l’ONU Tourisme. Tout commence dans l’extrême nord du pays, à quelques encablures de la frontière chinoise, dans la province karstique de Lạng Sơn. Le village communautaire de Hữu Liên s’étend au cœur d’une réserve naturelle classée geopark mondial de l’UNESCO, un territoire de calcaire sculpté par des millions d’années d’érosion, où les grottes succèdent aux forêts primaires et aux lacs saisonniers.
Ce qui frappe en premier, c’est la prairie de Đồng Lâm, une étendue d’herbe rase qui se transforme, selon la saison, en lac miroir ou en savane dorée où paissent les buffles. Les voyageurs qui y sont passés la surnomment déjà « la petite Mongolie du Vietnam », tant l’horizon semble s’ouvrir à l’infini entre les pitons karstiques. On y vient camper au coucher du soleil, quand la lumière rasante embrase les collines et que le silence n’est troublé que par le bruit du vent dans les hautes herbes.
Au-delà du paysage, c’est la vie du village qui touche : les habitants, issus des ethnies Tày et Nùng, ont développé des maisons sur pilotis transformées en homestays chaleureux, où l’on partage le riz gluant cuit dans des tubes de bambou et le thé cueilli sur les collines voisines. Les guides locaux, souvent de jeunes habitants formés au tourisme communautaire, emmènent les visiteurs en trekking à travers les grottes calcaires et jusqu’aux cascades cachées, ou en kayak sur les lacs temporaires qui apparaissent après la saison des pluies.
De septembre à novembre, après la mousson, la prairie de Đồng Lâm se transforme en vaste miroir d’eau qui reflète le ciel et les pitons karstiques environnants, la période la plus photographiée par les voyageurs. Au printemps, entre février et avril, l’herbe reverdit progressivement et les températures restent douces, entre 18 et 24°C, idéales pour la randonnée. Évitez juillet et août, saison des pluies les plus intenses, quand les sentiers deviennent boueux et certaines grottes peuvent être temporairement inaccessibles.
Depuis Hanoï, comptez environ 150 km et trois heures de route via la route nationale 1A puis des routes secondaires en direction de Bắc Sơn ; la voiture avec chauffeur ou le minibus touristique restent les options les plus confortables, le réseau de bus publics étant limité sur ce trajet. Depuis Đà Nẵng, prenez un vol domestique jusqu’à Hanoï (environ 1h20, plusieurs rotations quotidiennes avec Vietnam Airlines, VietJet Air ou Bamboo Airways) puis poursuivez par la route.
Depuis Hô-Chi-Minh-Ville, comptez un vol d’environ deux heures vers Hanoï suivi du même trajet routier. Sur place, un scooter loué à la journée permet de rayonner facilement entre la prairie, les grottes et les points de vue environnants.
Le village compte une dizaine de maisons sur pilotis converties en homestays, tenues directement par des familles Tày et Nùng, avec des chambres communes ou des espaces plus privés selon les foyers. Comptez entre 300 000 et 500 000 dôngs par personne en pension complète, petit-déjeuner, dîner et activité guidée souvent inclus. La réservation se fait généralement par téléphone ou via les agences locales de tourisme communautaire, car peu de ces hébergements sont référencés sur les grandes plateformes internationales — un charme supplémentaire pour les voyageurs en quête d’authenticité.
Les familles Tày préparent volontiers du poulet fermier grillé sur braise, du porc mariné au miel de forêt local et le fameux riz gluant cinq couleurs (xôi ngũ sắc), teinté avec des plantes naturelles et servi lors des occasions festives. Ne manquez pas non plus le thé cueilli sur les collines voisines, souvent offert en fin de repas, ni les légumes sauvages cueillis le matin même autour du village.
Cát Cát fait partie des villages touristiques du Vietnam 2026 sélectionnés par l’ONU Tourisme. Impossible de parler de tourisme rural vietnamien sans évoquer Cát Cát, ce village niché à seulement trois kilomètres du centre de Sa Pa, dans la province de Lào Cai. Ici, ce ne sont pas des maisons reconstituées pour les touristes : ce sont de véritables foyers de l’ethnie H’mông noir, où l’on continue de tisser le chanvre, de forger l’argent et de teindre les tissus à l’indigo exactement comme le faisaient les grand-mères des habitants actuels.
Descendre dans le village de Cát Cát, c’est suivre un sentier pavé qui serpente entre les rizières en terrasses, ces gradins verts et dorés selon la saison qui ont fait la réputation mondiale de Sa Pa. Le chemin longe des maisons de bois aux toits sombres, traverse des ruisseaux enjambés de ponts de bambou, et débouche sur une cascade où l’eau glaciale descendue des sommets du Fansipan rejoint la rivière.
Le soir, dans certaines maisons communautaires, les habitants organisent des spectacles de musique traditionnelle au son du khèn, cette flûte de bambou emblématique des peuples des hauts plateaux du nord.
Ce qui distingue Cát Cát des autres villages touristiques, c’est que la vie culturelle n’y est pas mise en scène pour la caméra : elle continue, tout simplement, sous les yeux des visiteurs. Les femmes portent encore leurs habits traditionnels brodés à la main pour aller travailler aux champs, non pour poser en photo. C’est cette authenticité, précisément, qui a séduit le jury d’ONU Tourisme.
L’entrée du village est soumise à un droit d’accès modique, généralement autour de 70 000 dôngs par adulte, une somme directement réinvestie dans l’entretien des sentiers et la préservation des maisons traditionnelles.
Beaucoup de voyageurs choisissent de prolonger la visite jusqu’au coucher du soleil, quand les derniers rayons dorent les toits de bois et que les habitants rentrent des champs, leurs paniers de bambou chargés sur le dos.
De septembre à novembre, lorsque les rizières en terrasses se parent d’or avant la récolte, offrant l’un des paysages les plus spectaculaires de toute la région de Sa Pa. De mars à mai, les fleurs de pêcher et de prunier éclosent sur les collines et la lumière printanière reste douce, idéale pour la photographie. Les mois de juin à août sont plus pluvieux et brumeux, tandis que décembre et janvier peuvent voir les températures descendre proche de 0°C en altitude — prévoyez des vêtements chauds si vous visitez en hiver.
Depuis Hanoï, comptez cinq à six heures de route par l’autoroute Nội Bài–Lào Cai, en bus limousine ou voiture privée, ou une nuit en train-couchette jusqu’à la gare de Lào Cai suivie d’environ une heure de bus jusqu’à Sa Pa. Depuis Đà Nẵng ou Hô-Chi-Minh-Ville, le plus simple reste de prendre un vol jusqu’à Hanoï puis d’enchaîner sur la route ou le train, aucune liaison aérienne directe vers Lào Cai n’existant à ce jour. Une fois à Sa Pa, Cát Cát se rejoint en une quinzaine de minutes à pied depuis le centre-ville, ou en quelques minutes de taxi et de moto-taxi. Pour préparer votre séjour, les avis de voyageurs sur TripAdvisor offrent un bon aperçu des circuits de trekking possibles.
Plusieurs familles H’mông proposent des chambres d’hôtes directement dans le village, avec vue sur les rizières en terrasses, pour un tarif généralement compris entre 250 000 et 500 000 dôngs la nuit. Pour plus de confort, le centre de Sa Pa, à dix ou quinze minutes, regroupe un large choix d’hôtels et de boutique-hôtels avec vue panoramique sur la vallée, à des tarifs variant fortement selon la saison touristique.
Le « thắng cố », ragoût de viande longuement mijotée aux herbes de montagne, reste la spécialité la plus emblématique de la région, à déguster idéalement sur le marché local. Essayez aussi le saumon fumé de Sa Pa, servi grillé avec du riz gluant violet, ainsi que les légumes de montagne sautés (rau cải mèo) et le vin de maïs local, produit artisanalement par les familles H’mông.
Cẩm Thanh fait partie des villages touristiques du Vietnam 2026 sélectionnés par l’ONU Tourisme. Changement total de décor en descendant vers le centre du Vietnam, jusqu’à la lisière de la ville patrimoniale de Hội An. À trois kilomètres à peine des lanternes colorées du vieux quartier, la forêt de cocotiers de Bảy Mẫu à Cẩm Thanh ouvre un monde d’eau saumâtre où les rivières Hoài, Đế Võng et Thu Bồn se rencontrent avant de rejoindre la mer.
C’est ici que se pratique l’une des expériences les plus photogéniques du Vietnam central : la balade en thúng chai, ce petit bateau-panier rond en bambou tressé, propulsé d’une seule rame par des bateliers dont le sourire et l’habileté font partie du spectacle. On glisse entre les palmes des cocotiers d’eau qui forment une véritable canopée verte au ras de l’eau, on écoute les chants traditionnels des rameurs, et parfois même on assiste à des démonstrations impressionnantes où les bateliers font tournoyer leur embarcation en rythme, une tradition locale qui existe sous cette forme spectaculaire depuis 2009.
Mais Cẩm Thanh n’est pas qu’un décor de carte postale. Cette forêt de cocotiers fut, pendant la guerre, une base retranchée pour les révolutionnaires vietnamiens, qui utilisaient l’épaisseur du feuillage comme couverture naturelle.
Aujourd’hui encore, les habitants perpétuent des savoir-faire ancestraux : pêche traditionnelle au filet, tressage de nattes et de paniers en feuilles de cocotier, élevage de crabes et de crevettes dans les bassins saumâtres. Prendre le temps de discuter avec une famille de pêcheurs, autour d’un thé glacé au jasmin, révèle une facette de Hội An que les touristes pressés ne voient jamais.
Comptez généralement entre 150 000 et 250 000 dôngs par personne pour une session de trente minutes en bateau-panier, démonstration de rotation comprise.
De nombreux ateliers permettent aussi de s’initier au tressage de paniers en feuilles de cocotier auprès des artisans locaux, un souvenir bien plus vivant qu’un simple aimant de réfrigérateur.
Toute l’année, grâce au climat globalement doux du centre du Vietnam, mais évitez la saison des typhons, entre septembre et novembre, lorsque les pluies intenses et les crues des rivières Thu Bồn et Đế Võng peuvent rendre la navigation incertaine, voire suspendre temporairement les balades en bateau. La période de février à août offre un ciel généralement dégagé et une eau calme, idéale pour la photographie sous la canopée de cocotiers.
Depuis l’aéroport international de Đà Nẵng, comptez trente à quarante minutes de taxi, de Grab ou de scooter loué pour rejoindre Cẩm Thanh. Depuis Hanoï, un vol d’environ 1h20 (plusieurs compagnies, dont Vietnam Airlines, VietJet Air et Bamboo Airways) permet de rejoindre Đà Nẵng, avec le même trajet routier ensuite. Depuis Hô-Chi-Minh-Ville, comptez environ 1h15 de vol puis le même trajet. Depuis le centre historique de Hội An, dix minutes de vélo suffisent pour rejoindre le village — une option très appréciée au lever du soleil, quand la lumière traverse les palmes.
Cẩm Thanh compte plusieurs éco-lodges et homestays sur pilotis construits directement au bord de l’eau, offrant une immersion totale dans la forêt de cocotiers, avec des tarifs variant de 400 000 à plus d’un million de dôngs la nuit selon le confort. Beaucoup de voyageurs préfèrent toutefois loger dans le vieux quartier de Hội An, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, à dix minutes de vélo, pour combiner patrimoine architectural et excursions nature.
Les crêpes de crevettes bánh xèo, préparées et dégustées sur place juste après la balade en bateau, restent un classique incontournable, tout comme le crabe de palétuvier grillé, pêché quelques heures plus tôt dans les mêmes eaux saumâtres. Le mì Quảng, spécialité de nouilles emblématique du centre du Vietnam, ainsi que le thé glacé au jasmin partagé avec les familles de pêcheurs, complètent cette expérience culinaire locale.
Măng Đen fait partie des villages touristiques du Vietnam 2026 sélectionnés par l’ONU Tourisme. À l’ouest, sur les hauts plateaux du centre, le village de cabanes dans les arbres de Măng Đen propose une expérience radicalement différente : celle de dormir littéralement suspendu dans la canopée d’une forêt de pins et de conifères, à plus de mille mètres d’altitude, dans un climat frais qui tranche avec la chaleur tropicale du reste du pays.
Reconnu officiellement en août 2025, ce village mise sur une philosophie simple mais rare au Vietnam : intégrer l’hébergement au paysage plutôt que d’urbaniser la forêt. Les cabanes sont construites autour de troncs d’arbres centenaires ou sur des structures en bois qui épousent le relief naturel, sans jamais couper les arbres environnants. Le matin, on se réveille au chant des oiseaux et à la brume qui s’accroche encore aux cimes des pins ; le soir, on s’endort bercé par le bruissement du vent dans les branches.
Les activités proposées à Măng Đen s’adressent aussi bien aux amateurs de sensations qu’aux voyageurs en quête de calme : randonnées à travers les forêts primaires, parcours de tyrolienne au-dessus des vallées, balades à vélo sur les pistes forestières, et séances de méditation en pleine nature, souvent organisées au lever du jour face aux chutes d’eau environnantes.
C’est un lieu où la déconnexion n’est pas un slogan marketing, mais une réalité géographique : le réseau mobile y est volontairement discret, et le silence fait partie intégrante de l’expérience.
Emportez impérativement une veste chaude : les nuits en altitude surprennent souvent les voyageurs habitués à la chaleur du littoral.
Autour d’un feu de camp, on aime écouter le récit des légendes bahnar et xơ đăng attachées à cette forêt ancestrale.
De novembre à avril, pendant la saison sèche des hauts plateaux, lorsque les températures fraîches — parfois inférieures à 20°C la nuit et jusqu’à 15°C en janvier — rendent le séjour en cabane particulièrement agréable et le ciel généralement dégagé, propice à l’observation des étoiles. La saison des pluies, de mai à octobre, apporte une végétation plus luxuriante mais aussi des sentiers glissants et une humidité plus marquée.
Depuis Đà Nẵng, comptez environ cinq heures de route par la route nationale 24, un trajet spectaculaire à travers plusieurs cols de montagne, réalisable en voiture privée ou en bus longue distance jusqu’à Kon Tum puis taxi local.
Depuis Hanoï, un vol jusqu’à l’aéroport de Pleiku (environ 1h50) puis 1h30 de route reste l’option la plus rapide.
Depuis Hô-Chi-Minh-Ville, comptez un vol d’environ 1h10 vers Pleiku, suivi du même trajet routier. Le village se situe également à 50 km de la ville de Kon Tum, qui dispose de nombreux services et loueurs de véhicules.
L’hébergement se fait directement dans les cabanes suspendues du village, construites autour de troncs d’arbres centenaires sans jamais les abattre, pour un tarif compris entre 800 000 et 2 000 000 de dôngs la nuit selon la taille et le confort, petit-déjeuner généralement inclus. Le nombre de cabanes reste volontairement limité pour préserver l’équilibre de la forêt : réservez impérativement plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance pendant la haute saison sèche.
L’hébergement se fait directement dans les cabanes suspendues du village, construites autour de troncs d’arbres centenaires sans jamais les abattre, pour un tarif compris entre 800 000 et 2 000 000 de dôngs la nuit selon la taille et le confort, petit-déjeuner généralement inclus. Le nombre de cabanes reste volontairement limité pour préserver l’équilibre de la forêt : réservez impérativement plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance pendant la haute saison sèche.
Làng Lò fait partie des villages touristiques du Vietnam 2026 sélectionnés par l’ONU Tourisme. Le dernier village de cette sélection nous mène sur la côte, dans le quartier de Hòa Hiệp, au sein de la nouvelle province de Đắk Lắk née de la fusion administrative avec l’ancienne province côtière de Phú Yên. Làng Lò — littéralement « le village des fours » — tire son nom d’une tradition séculaire : celle des fours à fumer le poisson, construits en briques et en terre battue, que se partageaient autrefois trois à quatre foyers voisins et qui fonctionnaient jour et nuit pour conserver la pêche.
Le village, aujourd’hui divisé en trois quartiers historiques, Lò 1, Lò 2 et Lò 3,, rassemble environ 1 500 foyers de pêcheurs dont certaines maisons datent des années 1960. Leur architecture typique, en forme de L avec deux pièces, des murs jaune ocre et des toits de tuiles rouges, confère au village un charme intemporel qui contraste avec le tourisme balnéaire standardisé que l’on trouve ailleurs sur le littoral vietnamien.
C’est précisément ce caractère de « village vivant » qui a séduit les évaluateurs : le village n’a pas été façonné pour le tourisme, il s’est ouvert au tourisme sans renier son identité. On y déguste un poisson grillé encore fumant sur la plage, on discute avec des pêcheurs qui réparent leurs filets à l’ombre des maisons anciennes, et l’on découvre des fêtes traditionnelles rythmées par les cycles de la mer.
Le sous-quartier de Lò 3 a d’ailleurs été spécifiquement désigné, en juin 2026, comme représentant national pour la candidature au label mondial.
Le rituel local incontournable reste le petit-déjeuner de bún cá, une soupe de vermicelles au poisson frais servie dès l’aube sur le pas des maisons, pendant que les derniers bateaux de pêche rentrent au port. Prendre le temps de partager ce moment avec les habitants, avant que la chaleur de la journée ne s’installe, résume à lui seul l’esprit de Làng Lò.
De mars à août, pendant la saison sèche du centre du Vietnam, quand la mer reste calme et propice à la baignade comme aux balades en bateau de pêche traditionnel, avec des températures oscillant entre 25 et 32°C. La saison des pluies, de septembre à décembre, apporte parfois des tempêtes tropicales qui peuvent perturber la navigation côtière ; mieux vaut consulter la météo locale avant de réserver une sortie en mer.
Le village se trouve à une vingtaine de minutes de route de l’aéroport de Tuy Hòa, aujourd’hui rattaché à la province élargie de Đắk Lắk. Depuis Hanoï, comptez un vol direct d’environ 1h40 avec Vietnam Airlines ou VietJet Air. Depuis Đà Nẵng, un vol d’environ une heure, ou la route et le train le long de la côte (quatre à cinq heures, via Quy Nhơn et Nha Trang). Depuis Hô-Chi-Minh-Ville, un vol direct d’environ 1h10 relie également Tuy Hòa plusieurs fois par semaine. Sur place, taxis et scooters de location permettent de rejoindre facilement les trois quartiers du village.
Le village compte aujourd’hui 72 maisons d’hôtes familiales pour 459 chambres, allant de 550 000 dôngs la nuit en chambre simple à 800 000 dôngs en chambre double, jusqu’à 3 500 000 dôngs pour la location d’une maison entière en groupe. La plupart de ces hébergements sont installés dans les maisons historiques en forme de L datant des années 1960, aux murs jaune ocre et toits de tuiles rouges, offrant un cadre authentique rarement trouvé ailleurs sur le littoral vietnamien.
Le bún cá du petit-déjeuner, une soupe de vermicelles au poisson frais servie dès l’aube pendant que les bateaux rentrent au port, ouvre idéalement la journée. Le poisson et les fruits de mer grillés sur la plage, pêchés le jour même, restent la spécialité incontournable du soir, à accompagner de sauce nước mắm locale et de légumes frais du marché.
Ce qui relie ces cinq destinations si différentes, ce n’est ni leur géographie ni leur climat, mais une même philosophie du voyage : celle d’un tourisme à hauteur d’humain, où chaque visiteur devient, le temps d’une nuit ou d’un après-midi, l’invité d’une communauté plutôt que le simple spectateur d’un décor. Le magazine Lonely Planet souligne régulièrement cette tendance de fond dans ses guides consacrés au Vietnam : les voyageurs, lassés des circuits standardisés, recherchent désormais des expériences rurales sincères, où l’échange humain prime sur la simple contemplation.
Cette évolution touche aussi la manière dont la presse internationale couvre le tourisme vietnamien. Des médias comme Le Monde ont récemment consacré plusieurs reportages à la montée en puissance de l’écotourisme communautaire en Asie du Sud-Est, un mouvement dans lequel le Vietnam occupe désormais une place de premier plan, portée par des initiatives locales bien plus que par de grands groupes hôteliers internationaux.
Voyager vers Hữu Liên, Cát Cát, Cẩm Thanh, Măng Đen ou Làng Lò, c’est accepter de ralentir. C’est troquer la climatisation d’un hôtel standardisé contre le crépitement d’un feu de bois dans une maison sur pilotis, l’agitation d’une plage bondée contre le clapotis d’une rame de bambou sous les cocotiers, ou le confort d’un lit classique contre le vertige doux d’une nuit suspendue entre les branches. Ces villages ne se contentent pas d’être beaux : ils racontent, chacun à leur manière, la persévérance de communautés qui ont choisi de partager leur mode de vie plutôt que de le vendre.
Visiter ces cinq villages implique une responsabilité partagée entre le voyageur et la communauté d’accueil. Quelques réflexes simples suffisent à transformer une visite en véritable soutien au tourisme durable local.
Privilégiez les homestays tenus directement par les familles plutôt que les grandes structures hôtelières extérieures, et demandez poliment l’autorisation avant de photographier un habitant au travail.
Évitez le plastique à usage unique dans des zones naturelles aussi fragiles que la prairie de Đồng Lâm ou la forêt de cocotiers de Cẩm Thanh, et privilégiez les guides et artisans locaux pour chaque activité, qu’il s’agisse de trekking, de balade en bateau ou d’atelier artisanal.
Le rythme de ces villages n’est pas celui des grandes métropoles vietnamiennes : ici, on prend le temps de saluer, d’échanger quelques mots même avec un vocabulaire limité, de s’asseoir pour partager un thé avant de repartir. C’est précisément cette lenteur assumée, cette attention portée à l’autre, qui a convaincu les évaluateurs internationaux du sérieux et de l’authenticité de ces cinq candidatures.
Il s’agit de Cát Cát (Sa Pa, Lào Cai), la forêt de cocotiers de Cẩm Thanh (Hội An, Đà Nẵng), le village de cabanes dans les arbres de Măng Đen (Quảng Ngãi), le village communautaire de Hữu Liên (Lạng Sơn) et le village de pêcheurs de Làng Lò (Đắk Lắk).
L’ONU Tourisme doit annoncer la liste officielle des lauréats au dernier trimestre 2026. Les candidatures des cinq villages vietnamiens ont été transmises au premier semestre de l’année.
Oui. Plusieurs villages vietnamiens ont déjà été distingués les années précédentes, notamment Lô Lô Chải, dans la province de Hà Giang, et Tân Hóa, dans la province de Quảng Bình, reconnus pour leur modèle de tourisme communautaire durable. Ces précédents succès servent aujourd’hui de référence et de source d’inspiration pour les cinq nouvelles candidatures de 2026.
Oui, une demi-journée suffit pour découvrir l’essentiel du village à pied depuis le centre de Sa Pa, mais il est conseillé de prévoir une journée complète pour profiter des sentiers de randonnée environnants et des rizières en terrasses sans se presser.
Absolument. Le nombre de cabanes reste volontairement limité pour préserver la forêt environnante, il est donc recommandé de réserver plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l’avance, surtout pendant la saison sèche de novembre à avril.
Globalement oui, en particulier Cẩm Thanh, où la balade en bateau-panier est courte et sécurisée, ainsi que Cát Cát dont les sentiers restent accessibles. Hữu Liên et Măng Đen conviennent davantage aux familles habituées à la randonnée en pleine nature.
La prairie se transforme en lac miroir entre septembre et novembre, après la saison des pluies, offrant un reflet spectaculaire du ciel. Au printemps, l’herbe reverdit et attire les amateurs de camping et de photographie.
Un guide n’est pas obligatoire mais fortement recommandé, notamment pour les zones de grottes et de forêts autour de Hữu Liên et de Măng Đen, où le relief karstique et forestier peut désorienter les voyageurs non accompagnés.
Le moyen le plus rapide consiste à prendre un vol jusqu’à l’aéroport de Tuy Hòa, puis à rejoindre le village en une vingtaine de minutes de taxi ou de scooter. Il est également possible de rejoindre la région en bus longue distance depuis Nha Trang ou Quy Nhơn.
Oui, c’est même l’un des critères qui a séduit le jury international. Hữu Liên, Cát Cát et Làng Lò disposent tous de réseaux de homestays gérés directement par les familles locales, offrant un contact direct avec les habitants et leur mode de vie quotidien.
Que ces cinq villages remportent ou non le titre convoité de « meilleur village touristique du monde » lors de l’annonce des résultats, prévue au dernier trimestre 2026, une chose est certaine : leur simple nomination change déjà la donne pour les communautés locales. Elle attire l’attention des voyageurs internationaux, encourage les investissements dans des infrastructures respectueuses de l’environnement, et surtout, elle valorise des savoir-faire ruraux qui, sans ce coup de projecteur, auraient pu disparaître avec le temps.
Pour le voyageur qui prépare son prochain séjour au Vietnam, ces villages offrent une occasion rare : celle de sortir des sentiers battus de Hanoï, de la baie d’Halong ou de Hô-Chi-Minh-Ville, pour aller à la rencontre d’un pays qui se dévoile bien plus intimement dans ses campagnes que dans ses grandes villes.
Alors, que vous rêviez de dormir dans une cabane suspendue à Măng Đen, de pagayer sous les cocotiers de Cẩm Thanh ou de camper face à la prairie dorée de Hữu Liên, une seule certitude s’impose : ces cinq villages méritent amplement leur place parmi les plus beaux villages touristiques du monde en 2026.
Un dernier conseil, glané auprès de voyageurs francophones ayant déjà parcouru ces régions et partagé leurs récits sur des forums comme Routard.com : mieux vaut choisir deux ou trois villages plutôt que de vouloir tous les visiter en un seul séjour. Le charme de ces lieux tient justement à la lenteur qu’ils imposent — un charme qui s’évapore vite si l’on court d’un site à l’autre sans jamais poser vraiment son sac.
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