Entre effluves de citronnelle grillée et arôme intense du café qui infuse goutte à goutte, la street food à Hanoï raconte une ville qui se vit avant tout par les sens. Des trottoirs animés du Vieux Quartier aux comptoirs centenaires où l’on sert encore le café à l’œuf inventé en 1946, cet article vous emmène à la rencontre des saveurs, des rituels et des adresses qui font battre le cœur gourmand de la capitale vietnamienne. Adresses précises, prix, horaires et itinéraire détaillé sur deux jours : voici votre guide complet pour une immersion authentique entre cuisine de rue et culture du café.
Il y a des villes que l’on découvre avec les yeux. Hanoï, elle, s’apprivoise avec le nez et le ventre. Dès la première ruelle du Vieux Quartier, un mélange entêtant de citronnelle grillée, de caramel qui accroche au fond d’un wok et de café qui infuse goutte à goutte vous cueille sans prévenir.
Un scooter frôle un étal de fruits, une vendeuse ambulante balance sa palanche de bambou sur l’épaule, et déjà, sans même avoir posé son sac, on comprend que cette ville se vit avant de se visiter.
C’est précisément dans ce tourbillon que se niche l’âme de la capitale vietnamienne : la street food à Hanoï n’est pas un simple repas, c’est un rituel social, et la culture du café qui l’accompagne n’a rien d’anodin non plus.
Ensemble, ils racontent mille ans d’histoire, de résilience et de gourmandise partagée sur un tabouret en plastique, à quelques centimètres du trottoir.
On y mange épaule contre épaule avec des inconnus, on y sirote un café pendant une heure sans que personne ne s’en formalise, et l’on repart, invariablement, avec l’impression d’avoir compris quelque chose d’essentiel sur le Vietnam.
Ce guide n’a pas la prétention d’être exhaustif : aucun article ne pourrait épuiser la richesse d’une ville qui compte des centaines d’échoppes et de rituels culinaires.
Il est plutôt une invitation à ralentir, à s’asseoir là où personne ne s’attend à voir un touriste, et à laisser Hanoï vous nourrir à son rythme, celui, lent et patient, d’un café qui coule goutte après goutte dans un phin en aluminium.
Pour comprendre pourquoi la street food occupe une place si centrale dans la vie hanoïenne, il faut remonter aux origines mêmes du Vieux Quartier.
Dès le XVe siècle, la ville impériale de Thăng Long, l’ancien nom de Hanoï, organisait ses artisans par corporation, chacune installée dans sa propre rue.
On les appelle aujourd’hui les « 36 rues et corporations » (Hà Nội 36 phố phường), un réseau de ruelles où chaque nom de rue trahit encore un métier ancestral : Hàng Bạc pour les orfèvres, Hàng Gai pour les tisserands de soie, Hàng Mã pour les objets votifs en papier.
La rue Chả Cá, elle, a même fini par porter le nom d’un plat, preuve que la nourriture de rue s’est toujours mêlée intimement au tissu urbain de la capitale.
Cette organisation en guildes explique aussi pourquoi la gastronomie de rue hanoïenne est si spécialisée : une échoppe ne sert souvent qu’un seul plat, parfois une seule variante de ce plat, perfectionnée sur plusieurs générations.
Les influences se sont ensuite superposées au fil des siècles : la cuisine chinoise a apporté les nouilles et les techniques de sauté, tandis que la colonisation française du XIXe siècle a introduit le café, le pain et les baguettes qui deviendront le bánh mì.
Le climat et les produits du delta du fleuve Rouge (herbes fraîches, riz, poissons d’eau douce) ont quant à eux façonné une cuisine légère, acidulée et parfumée aux herbes, très différente de celle, plus sucrée et épicée, du sud du pays.
Manger dans la rue à Hanoï, c’est donc littéralement se promener dans un livre d’histoire à ciel ouvert.
Avant même de parler de nourriture, il faut parler de café. Car à Hanoï, le café n’est pas un carburant que l’on avale entre deux rendez-vous. C’est un prétexte pour s’arrêter, observer la rue, et laisser filer le temps sur un petit tabouret bas, un carnet ou un vieux journal posé sur les genoux.
Le café n’est pas originaire du Vietnam : ce sont les colons français qui l’introduisent en 1857, plantant d’abord des caféiers arabica dans les provinces du nord, autour de Ninh Bình, Thanh Hóa et Nghệ An.
Le climat s’avère toutefois plus favorable dans les hauts plateaux du centre, autour de Buôn Ma Thuột et Đà Lạt, où l’altitude et la terre volcanique offrent des conditions idéales.
Face à la fragilité de l’arabica, les producteurs se tournent progressivement vers le robusta, une variété plus robuste et plus productive, qui deviendra la colonne vertébrale de l’industrie caféière vietnamienne.
Aujourd’hui, le Vietnam est le deuxième producteur mondial de café et le premier producteur mondial de robusta, une revanche économique inattendue sur son passé colonial.
Ce qui était, au XIXe siècle, une boisson d’élite réservée aux fonctionnaires coloniaux, est devenu un rituel quotidien profondément démocratique, pratiqué aussi bien par un ouvrier du bâtiment que par un cadre d’affaires.
Le premier choc culturel, pour beaucoup de voyageurs, c’est la lenteur assumée du café vietnamien. Ici, pas d’expresso avalé debout au comptoir.
Le cà phê phin se prépare dans un petit filtre en métal posé directement sur le verre, et l’on regarde, presque hypnotisé, le liquide sombre tomber goutte à goutte pendant de longues minutes.
Ce temps d’attente n’est pas une contrainte, c’est une composante essentielle du plaisir : il oblige à ralentir, à observer la rue, à laisser la conversation s’installer.
Beaucoup de Hanoïens le prennent avec du lait concentré sucré (cà phê sữa), un héritage direct de l’époque coloniale où le lait frais se faisait rare et se conservait mal sous le climat tropical.
Résultat : une boisson dense, intense, presque sirupeuse, à mille lieues du café que l’on connaît en Europe. En été, on la sert souvent sur glace pilée (cà phê sữa đá), fraîche et revigorante face à l’humidité écrasante de la capitale.
Impossible d’évoquer la culture du café à Hanoï sans raconter l’histoire du cà phê trứng, le fameux café à l’œuf. Elle commence en 1946, dans les cuisines du prestigieux Sofitel Legend Metropole Hanoi.
Un barman nommé Nguyễn Văn Giảng doit alors composer avec la pénurie de lait provoquée par la guerre et les restrictions de l’époque. Son idée de génie : fouetter des jaunes d’œufs avec du sucre jusqu’à obtenir une mousse onctueuse et aérienne, qu’il dépose délicatement sur un café noir bien serré.
La texture rappelle un tiramisu liquide, presque un dessert autant qu’une boisson ; la première gorgée surprend par sa douceur, puis conquiert définitivement le palais.
Giảng finit par quitter le Metropole pour ouvrir sa propre échoppe, toujours debout aujourd’hui au 39 rue Nguyễn Hữu Huân, tenue avec la même recette familiale, jalousement gardée, par son fils, Nguyễn Văn Đạo.
On y sert ce café mythique tous les jours de 7h à 22h, pour environ 30 000 à 45 000 VND (soit un peu plus d’un euro).
S’asseoir sur les petites chaises basses de Café Giảng, entouré de photos jaunies et de touristes venus du monde entier, c’est goûter à un morceau vivant de l’histoire hanoïenne, un lieu où le temps semble s’être figé quelque part entre 1946 et aujourd’hui.
Le succès international de cette boisson a même valu à Café Giảng un reportage de CNN, qui consacre son histoire familiale aux yeux du monde entier.
À deux pas, Đinh Café (13 rue Đinh Tiên Hoàng) offre la même douceur avec, en prime, une vue plongeante sur le lac Hoàn Kiếm depuis un balcon discret à l’étage, l’un des plus beaux points de vue café de toute la ville.
Le lieu est particulièrement magique au coucher du soleil, quand les lumières de la vieille ville s’allument une à une.
La scène caféière hanoïenne ne s’est pas figée dans les années 1940.
Une nouvelle génération de cafés a émergé au tournant des années 2010, portée notamment par la chaîne Cộng Càphê, reconnaissable à son esthétique nostalgique inspirée de l’ère communiste, avec son mobilier militaire recyclé.
Son fameux café glacé au coco (cà phê cốt dừa) est devenu un incontournable, presque aussi photographié que le café à l’œuf lui-même.
D’autres adresses, comme Tranquil Books & Coffee dans le quartier de Tây Hồ, misent sur une ambiance littéraire et cosy, tandis que Loading T Café (8 rue Chân Cầm) séduit une clientèle plus jeune avec ses terrasses perchées et sa vue sur les toits du Vieux Quartier.
Plus récemment, le cà phê muối (café salé), tendance née dans le centre du Vietnam à Huế, gagne peu à peu les menus de la capitale.
Le contraste entre le sel et l’amertume du café surprend d’abord, puis devient étrangement addictif, une preuve supplémentaire que la culture du café vietnamienne ne cesse jamais de se réinventer, tout en restant fidèle à son geste fondateur : transformer l’attente en plaisir.
Une fois le café savouré, direction les fourneaux de rue. Car à Hanoï, la vraie table n’est pas dans un restaurant, mais sur le trottoir, entre deux scooters garés en épi et le bourdonnement continu de la circulation.
Le phở mérite d’être dégusté tôt le matin, comme le font les Hanoïens depuis des générations.
Ce bouillon de bœuf ou de poulet, mijoté pendant des heures avec de la cannelle, de l’anis étoilé, de la cardamome noire et du gingembre grillé, puis versé sur des nouilles de riz plates, est bien plus qu’un petit-déjeuner : c’est un marqueur identitaire, presque une religion locale.
Contrairement au phở du sud du Vietnam, plus sucré et servi avec une profusion d’herbes fraîches à ajouter soi-même, le phở hanoïen reste sobre : un bouillon limpide, quelques brins de coriandre, un trait de citron vert, et c’est tout. La pureté du bouillon prime sur l’accumulation de condiments.
Deux adresses historiques se disputent la couronne. Phở Thìn Lò Đúc (13 rue Lò Đúc), fondée en 1979 par Nguyễn Trọng Thìn, a révolutionné la recette avec son fameux « phở tái lăn ».
Le bœuf y est sauté à la poêle brûlante avec du gingembre, de l’ail et de la ciboule avant d’être déposé sur les nouilles, apportant une note fumée inédite.
Non loin de là, Phở Thìn Bờ Hồ (61 rue Đinh Tiên Hoàng), ouvert depuis 1955 par Bùi Chí Thìn, cultive au contraire une fidélité totale à la recette originelle, dans un décor rustique aux tables usées par des décennies de service ininterrompu.
La rue Lý Quốc Sư, non loin de la cathédrale Saint-Joseph, concentre également plusieurs échoppes réputées où le bol fume encore quand on s’attable, souvent sur un tabouret minuscule, les genoux presque au menton.
Le prestige de ce plat dépasse largement les frontières vietnamiennes : le Guide Michelin lui consacre un article dédié aux meilleures adresses de la capitale.
TasteAtlas classe quant à lui plusieurs variantes de phở parmi les soupes les plus appréciées au monde.
S’il ne fallait retenir qu’un plat, ce serait sans doute le bún chả.
Des boulettes et des tranches de porc grillées au charbon de bois, baignant dans un bouillon aigre-doux au vinaigre, à l’ail et au piment, servies avec des vermicelles de riz froids et une montagne d’herbes fraîches : menthe, périlla, laitue.
L’odeur de fumée qui s’échappe des grilles improvisées, posées à même le trottoir, guide littéralement les pas des passants bien avant que l’échoppe elle-même ne soit visible.
L’adresse la plus célèbre s’appelle Bún Chả Hương Liên, au 24 rue Lê Văn Hưu.
Ce petit restaurant familial est devenu mondialement connu en mai 2016, lorsque le président américain Barack Obama y a partagé un repas informel avec le regretté chef Anthony Bourdain, immortalisé pour l’émission Parts Unknown de CNN.
La scène, savamment orchestrée par la sécurité présidentielle mais filmée pour paraître spontanée, montre les deux hommes assis sur des tabourets en plastique, dégustant leur bol pour l’équivalent de six dollars.
La table où ils étaient assis, entourée aujourd’hui d’une vitrine protectrice, est presque devenue un lieu de pèlerinage. On y trouve même le désormais célèbre « combo Obama » (bún chả, nem, bière locale) pour environ 85 000 VND.
Le restaurant est ouvert tous les jours de 8h à 20h30, mais mieux vaut arriver avant midi pour éviter la file qui s’étire parfois jusque sur le trottoir.
Il existe, dans le Vieux Quartier, une rue si intimement liée à un plat qu’elle en a pris le nom : la rue Chả Cá.
Depuis 1871, la famille Đoàn y perpétue la tradition du chả cá Lã Vọng : du poisson mariné au curcuma et à l’aneth, grillé puis sauté à table sur un petit réchaud à charbon.
Il est servi avec des cacahuètes concassées, des vermicelles et une pointe de mắm tôm, la pâte de crevette fermentée typique du nord du Vietnam.
Le crépitement du poisson dans l’huile chaude, le parfum de l’aneth qui embaume toute la salle, l’or vif du curcuma qui macule les baguettes : chaque geste de ce rituel culinaire semble avoir traversé les décennies sans altération.
Le restaurant historique, situé au 14 rue Chả Cá, a donné son nom à la rue elle-même en 1919, un cas presque unique où un plat de rue a littéralement redessiné la cartographie de la ville.
Certains lieux au Vietnam semblent avoir figé le temps de l’Indochine française. Le Métropole à Hanoï, le Continental et le Majestic à Hô Chi Minh-Ville, ou le Palace à Dalat comptent parmi ces adresses chargées d’histoire, où l’on imagine sans peine les écrivains et journalistes qui s’y sont installés au siècle dernier. On pense évidemment à Marguerite Duras, dont l’enfance en Indochine a nourri toute une partie de son œuvre, de L’Amant à Un barrage contre le Pacifique.
Dalat, justement, mérite le détour pour son climat frais de montagne, ses villas coloniales et son marché nocturne animé, une parenthèse rafraîchissante après la chaleur du littoral.
Avant même le phở, beaucoup de Hanoïens optent pour un bol de xôi, du riz gluant vapeur, souvent teinté de jaune grâce au curcuma (xôi xéo), et généreusement garni d’échalotes frites croustillantes, de haricot mungo écrasé et parfois de viande.
Xôi Yến, au 35B rue Nguyễn Hữu Huân, est l’adresse la plus emblématique du genre : ouvert quasiment jour et nuit, ce minuscule comptoir sert des dizaines de variantes de riz gluant dans des bols en inox empilés à toute vitesse par un personnel d’une efficacité redoutable.
C’est un repas dense, réconfortant, taillé pour affronter une journée entière dans les ruelles animées du Vieux Quartier, et l’une des meilleures façons de comprendre pourquoi la street food hanoïenne ne se résume jamais à un seul plat vedette.
Avant même le phở, beaucoup de Hanoïens optent pour un bol de xôi, du riz gluant vapeur, souvent teinté de jaune grâce au curcuma (xôi xéo), et généreusement garni d’échalotes frites croustillantes, de haricot mungo écrasé et parfois de viande.
Xôi Yến, au 35B rue Nguyễn Hữu Huân, est l’adresse la plus emblématique du genre : ouvert quasiment jour et nuit, ce minuscule comptoir sert des dizaines de variantes de riz gluant dans des bols en inox empilés à toute vitesse par un personnel d’une efficacité redoutable.
C’est un repas dense, réconfortant, taillé pour affronter une journée entière dans les ruelles animées du Vieux Quartier, et l’une des meilleures façons de comprendre pourquoi la street food hanoïenne ne se résume jamais à un seul plat vedette.
Impossible de clore le chapitre street food sans évoquer une institution sucrée : Kem Tràng Tiền, fondée en 1958 au 35 rue Tràng Tiền.
Cette marque de glace artisanale, fabriquée sans colorants artificiels selon une recette pratiquement inchangée depuis plus de soixante ans, fait partie du patrimoine affectif de plusieurs générations de Hanoïens.
Le rituel est immuable : on achète son cornet ou son bâtonnet au comptoir, pour une quinzaine de milliers de dongs, puis on le déguste debout sur le trottoir, au milieu de la foule, dans un joyeux capharnaüm qui contraste avec la lenteur méditative d’un café à l’œuf.
Quand le soleil décline, direction le fameux carrefour de la rue Tạ Hiên, surnommé le « coin de la bière » (bia hơi corner).
Chaque soir, les terrasses débordent sur la chaussée, les tabourets en plastique multicolores s’alignent à perte de vue, et la bière pression fraîche, brassée localement et livrée chaque jour dans de grands fûts métalliques, coule à flots pour quelques milliers de dongs le verre.
On y grignote du bún đậu mắm tôm, du tofu frit et des vermicelles trempés dans la pâte de crevette fermentée, ou des nem chua rán, ces rouleaux de porc croustillants vendus à la volée par des vendeurs qui slaloment entre les tables.
L’ambiance y est électrique, bruyante, joyeuse, l’exact opposé de la lenteur contemplative d’un café du matin, et c’est précisément ce contraste qui rend Hanoï si envoûtante : une même ville capable d’être, en l’espace de douze heures, aussi paisible qu’un temple et aussi trépidante qu’un carnaval.
Aucune immersion dans la street food hanoïenne ne serait complète sans une halte au marché Đồng Xuân, le plus grand marché couvert de la ville.
Construit en 1889 par les autorités coloniales françaises, qui regroupèrent alors plusieurs petits marchés dispersés en un unique bâtiment, il fut ravagé par un incendie en 1994 avant d’être fidèlement reconstruit.
Aujourd’hui encore, ses allées intérieures grouillent de vie de 6h à 18h, tandis que les ruelles alimentaires qui l’entourent s’animent surtout en fin d’après-midi et en soirée, quand les grils s’allument et que les effluves de viande grillée envahissent l’air.
Chaque vendredi, samedi et dimanche soir, de 18h à 23h30, la rue qui relie Hàng Đào à Đồng Xuân se transforme en un immense marché de nuit piéton, fermé à toute circulation.
Plus de cinquante vendeurs de rue agréés y proposent nourriture, souvenirs et vêtements, tandis que des musiciens et artistes de rue animent les carrefours.
C’est un moment idéal pour goûter en une seule soirée à une dizaine de spécialités différentes, sans jamais s’éloigner de plus de quelques centaines de mètres.
Il existe mille manières d’aborder la gastronomie hanoïenne. Deux approches se distinguent particulièrement, selon votre temps sur place et votre envie de compagnie.
Pour une immersion plus profonde, rien ne remplace un street food tour accompagné d’un guide local. Le principe est simple : un habitant, souvent passionné et intarissable de récits, vous emmène de ruelle en ruelle à la rencontre de quatre étapes gourmandes, entre midi et fin d’après-midi.
Plus qu’un simple repas, chaque étape devient un prétexte à la conversation. Le guide raconte l’histoire d’un plat, l’origine d’une échoppe familiale, ou une anecdote glanée au fil des années passées à arpenter ces mêmes trottoirs.
Ce format, généralement proposé sur environ cinq heures, de la mi-journée jusqu’en fin d’après-midi, en petit groupe ou en tête-à-tête, permet de gagner un temps précieux tout en évitant les pièges à touristes. Il transforme surtout un simple repas en un véritable échange humain, bien loin d’une simple liste d’adresses cochées à la hâte.
Si vous préférez explorer à votre propre rythme, voici comment organiser une journée gourmande sans guide, entre incontournables et rencontres spontanées :
La meilleure période pour explorer la street food à Hanoï s’étend d’octobre à avril, lorsque le climat reste doux et peu humide, avec des températures oscillant entre 12 et 25 °C selon les mois.
Le printemps (février à avril) offre un climat particulièrement agréable autour de 20 à 25 °C, tandis que l’hiver (décembre à février) peut se montrer plus frais et humide, avec des températures descendant parfois à 12 °C : pensez à emporter une veste légère.
Les mois d’été, de juin à août, sont nettement plus chauds et humides, avec des pics dépassant régulièrement les 30 °C, ce qui rend la dégustation en terrasse moins confortable, même si les prix y sont souvent plus avantageux et les rues moins fréquentées par les touristes.
Pour se déplacer dans le Vieux Quartier, la marche reste le meilleur allié : les rues y sont courtes, denses et se découvrent bien plus facilement à pied qu’en voiture.
Pour les trajets plus longs, l’application Grab (l’équivalent local d’Uber, disponible pour les voitures comme pour les motos-taxis) permet de fixer un prix à l’avance et d’éviter toute négociation, un vrai confort pour les voyageurs peu à l’aise avec le marchandage.
Côté hygiène alimentaire, privilégiez les échoppes prises d’assaut par les habitants : un fort roulement de clients garantit une nourriture fraîchement préparée et rarement laissée à température ambiante trop longtemps.
Évitez l’eau du robinet, buvez uniquement de l’eau en bouteille ou filtrée, et n’hésitez pas à observer la propreté du poste de cuisson avant de vous installer : les Hanoïens eux-mêmes choisissent leurs échoppes selon ces mêmes critères.
Un repas de rue coûte généralement entre 25 000 et 60 000 VND (environ 1 à 2,50 €), un café traditionnel tourne autour de 30 000 à 50 000 VND, et une glace Tràng Tiền coûte environ 15 000 VND, de quoi se régaler abondamment pour un budget journalier de nourriture souvent inférieur à 10 euros.
Quelques règles de courtoisie facilitent également l’expérience : il est d’usage de payer en espèces dans la plupart des échoppes de rue, et le pourboire n’est pas une pratique généralisée mais toujours appréciée.
Il convient également de ne pas planter ses baguettes verticalement dans le riz, un geste associé aux rites funéraires.
Gardez également à l’esprit que la cuisine de rue suit un calendrier saisonnier : certains plats, comme le bánh trôi (boulettes de riz gluant fourrées) ou le chè trôi nước, n’apparaissent qu’à l’occasion de fêtes précises comme Tết Hàn Thực.
Le xôi gấc, riz gluant teinté de rouge par le fruit du gấc, est quant à lui traditionnellement servi lors des mariages et du Nouvel An lunaire, une bonne raison de revenir à Hanoï à différentes saisons pour en explorer toutes les facettes.
Pour approfondir votre préparation, les fiches pratiques de Lonely Planet sur le Vietnam offrent un excellent complément.
Les avis vérifiés de voyageurs disponibles sur TripAdvisor permettent quant à eux d’affiner votre sélection de restaurants.
Le magazine CNN Travel a d’ailleurs consacré un reportage entier à la rue Chả Cá, preuve supplémentaire de la reconnaissance internationale dont jouit la gastronomie de rue hanoïenne.
Oui, à condition de choisir les échoppes très fréquentées par les habitants, signe de fraîcheur et de rotation rapide des ingrédients.
Évitez les plats à base de fruits de mer crus ou peu cuits en dehors des restaurants établis, privilégiez les aliments servis encore chauds, et buvez toujours de l’eau en bouteille plutôt que l’eau du robinet.
Comptez entre 25 000 et 60 000 VND (environ 1 à 2,50 €) pour un plat de rue comme le bún chả, le phở ou le xôi, et entre 30 000 et 50 000 VND pour un café traditionnel, y compris le fameux café à l’œuf.
Une glace Tràng Tiền coûte environ 15 000 VND, et un verre de bière pression (bia hơi) se négocie parfois pour moins de 10 000 VND.
Le cà phê trứng, ou café à l’œuf, est une boisson crémeuse inventée en 1946 à base de jaune d’œuf battu avec du sucre, déposé sur un café noir.
L’adresse historique reste Café Giảng, au 39 rue Nguyễn Hữu Huân, ouvert tous les jours de 7h à 22h. Đinh Café, au 13 rue Đinh Tiên Hoàng, en propose une version tout aussi réputée, avec vue sur le lac Hoàn Kiếm.
Aucune réservation n’est possible, mais il est conseillé d’arriver avant midi ou après 14h pour éviter la longue file d’attente qui se forme aux heures de pointe du déjeuner, notamment le week-end. Le restaurant, situé au 24 rue Lê Văn Hưu, est ouvert tous les jours de 8h à 20h30.
La période d’octobre à avril est idéale, avec un climat doux compris entre 12 et 25 °C, particulièrement agréable au printemps (février à avril).
Les mois d’été (juin à août) sont chauds et humides, avec des pics dépassant 30 °C, ce qui rend les repas en terrasse moins agréables, bien que les prix y soient souvent plus bas.
La marche à pied reste le moyen le plus adapté pour explorer les ruelles étroites du Vieux Quartier. Pour les trajets plus longs, notamment vers le lac Tây Hồ, l’application Grab permet de réserver une voiture ou une moto-taxi à prix fixe, sans négociation.
Oui, de nombreuses échoppes proposent des versions végétariennes (chay) du phở ou des rouleaux de printemps, en particulier autour des temples bouddhistes, où la cuisine végétarienne est particulièrement développée les 1er et 15e jours du calendrier lunaire.
Le café hanoïen est généralement plus dense et se décline en versions originales comme le café à l’œuf ou, plus récemment, le café salé.
Le café saïgonnais privilégie quant à lui le café glacé au lait concentré (cà phê sữa đá), consommé toute la journée en raison de la chaleur plus intense du Sud du pays.
Surnommée le « coin de la bière », la rue Tạ Hiên est le cœur de la vie nocturne du Vieux Quartier.
Chaque soir, ses terrasses se remplissent de tabourets bas où locaux et voyageurs partagent une bière pression fraîche accompagnée de snacks grillés comme le bún đậu mắm tôm ou les nem chua rán, dans une ambiance conviviale et bruyante.
Le marché de nuit se tient chaque vendredi, samedi et dimanche de 18h à 23h30, sur l’axe piétonnier reliant les rues Hàng Đào et Đồng Xuân.
On y trouve plus de cinquante vendeurs de nourriture de rue, ainsi que des stands de souvenirs et des animations musicales, idéal pour goûter à plusieurs spécialités en une seule soirée.
Oui, la rue Chả Cá, dans le Vieux Quartier, doit son nom au restaurant familial Chả Cá Lã Vọng, ouvert depuis 1871 au numéro 14. Le succès du plat de poisson grillé au curcuma servi ici fut tel que la rue entière en adopta officiellement le nom en 1919.
Hanoï ne se raconte pas seulement à travers ses monuments ou ses lacs paisibles. Elle se raconte sur un tabouret bas, une tasse de café à l’œuf entre les mains, le nez plongé dans la fumée d’un grill de bún chả.
Elle se raconte aussi dans le cliquetis des bols en inox d’un vendeur de xôi à l’aube. C’est une ville qui demande de la lenteur, de la curiosité, et une bonne dose d’appétit : une ville qui se mérite autant qu’elle se savoure.
Alors laissez de côté votre liste de monuments incontournables, ne serait-ce qu’une soirée, et suivez simplement votre odorat dans les ruelles du Vieux Quartier.
Asseyez-vous là où personne ne s’attend à voir un voyageur, commandez sans toujours comprendre le menu, laissez le hasard d’une ruelle vous guider vers une échoppe sans enseigne.
C’est souvent là, entre un phin qui goutte et une grille qui fume, que l’on comprend vraiment ce qui fait battre le cœur de Hanoï : non pas une destination que l’on coche sur une liste, mais une ville que l’on emporte, longtemps après le départ, dans le souvenir tenace d’un goût.
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