Le 25 septembre 2026, la pleine lune du huitième mois lunaire éclaire les rues du Vietnam d’une autre lumière, celle des lanternes en papier et des bougies plantées dans les gâteaux. Tết Trung Thu au Vietnam, la fête de la mi-automne, appartient d’abord aux enfants, mais elle se vit aussi très bien en voyageur. Ce guide rassemble ce qu’il faut savoir pour la croiser sur sa route en 2026 : où aller, ce qu’on y mange, et pourquoi les grands-parents y tiennent autant que les petits.
Au Vietnam, l’histoire qui accompagne la pleine lune n’est pas celle de Chang’e, la déesse chinoise. Elle raconte Chú Cuội, un bûcheron qui possédait un banian aux vertus magiques, capable de soigner n’importe quel mal du moment qu’on l’arrosait d’eau pure. Un jour, sa femme l’arrosa par erreur avec de l’eau sale : l’arbre se mit à s’arracher du sol. Chú Cuội s’y accrocha pour le retenir et fut emporté avec lui jusque sur la lune, où l’on raconte qu’il vit encore, assis sous son arbre, à regarder la Terre.
« Les enfants lèvent les yeux vers la lune ce soir-là en espérant l’apercevoir », sourit Bà Lan, une grand-mère du vieux quartier de Hanoï qui prépare les lanternes de ses petits-enfants depuis plus de trente ans. C’est aussi cette nuit-là que les familles se réunissent, partagent un gâteau et racontent, une fois de plus, la même histoire.
L’office du tourisme du Vietnam consacre lui aussi une page dédiée à cette fête, pour qui veut creuser un peu plus loin ses origines et ses traditions régionales.
Trois semaines avant la pleine lune, la rue Hàng Mã, dans le vieux quartier de Hanoï, se transforme. Les boutiques de papier et de décorations débordent sur le trottoir : lanternes en étoile, masques, tambours en peau, jouets en fer-blanc comme autrefois. Le soir, la rue devient piétonne de fait, tant la foule est dense, surtout le week-end entre 19h et 21h. Pour profiter des vitrines sans la cohue, mieux vaut y passer en fin de matinée ou en début d’après-midi, quand les commerçants finissent d’installer l’étalage du jour.
« Beaucoup de touristes viennent pour la photo, mais Hàng Mã reste avant tout une rue de quartier, où les parents achètent la lanterne de leurs enfants comme leurs propres parents le faisaient avant eux », raconte Minh, qui tient une boutique familiale depuis trois générations. On peut prolonger la balade dans tout le vieux quartier, dont les ruelles se parent elles aussi de guirlandes et de lanternes pour l’occasion.
À Hội An, Tết Trung Thu se prépare depuis longtemps : la vieille ville éteint une partie de son éclairage électrique dès 18h le 24 septembre pour ne garder que la lumière des lanternes de soie, et prolonge l’ambiance le lendemain soir pour la pleine lune elle-même. Sur la rivière Thu Bồn, des centaines de petites lanternes flottantes, achetées pour quelques dizaines de milliers de dôngs le long de la rue Bạch Đằng, dérivent portées par le courant, chacune représentant un vœu. Les familles louent aussi des barques pour environ 150 000 dôngs la demi-heure et se laissent glisser au milieu des reflets.
« Ces deux soirs-là sont parmi les plus animés de l’année à Hội An, presque plus que le Nouvel An lui-même », confie Hoa, qui vend des lanternes flottantes sur les quais depuis son adolescence. Pour éviter la cohue du pont An Hội, mieux vaut s’installer sur la rive de Cẩm Nam ou sur l’îlot An Hội, et arriver avant 18h pour trouver une place en terrasse.
Moins connue des visiteurs étrangers, Tuyên Quang, à environ 130 km au nord-ouest de Hanoï, organise ce que beaucoup considèrent comme le plus grand défilé de lanternes du pays. Chaque quartier y fabrique sa propre lanterne géante, parfois montée sur un char de plusieurs mètres de long, et les fait défiler dans les rues plusieurs soirs de suite autour de la pleine lune. L’événement reste largement local, sans la foule de touristes de Hà Nội ou Hội An, ce qui en fait une option pour qui veut voir Tết Trung Thu vécu avant tout par et pour les Vietnamiens.
Deux familles de gâteaux se partagent la fête. Le bánh nướng, cuit au four, a une croûte dorée et une garniture souvent salée-sucrée, jaune d’œuf de canard salé compris. Le bánh dẻo, non cuit, a une pâte de riz gluant blanche et souple, parfumée à la fleur de pomelo. Les garnitures traditionnelles mêlent graines de lotus, haricots mungo ou fruits confits, tandis que les versions plus récentes jouent sur le fromage frais ou le thé matcha. Offrir une boîte de bánh Trung Thu à ses proches, ses collègues ou ses partenaires d’affaires fait partie des usages de la période, un peu comme les chocolats à Noël en France.
Tết Trung Thu n’est pas un jour férié officiel au Vietnam : commerces et bureaux restent ouverts, seules les rues concernées changent d’ambiance en soirée. Mieux vaut prévoir d’arriver sur place tôt, avant 18h, pour s’installer avant l’afflux du soir, et privilégier la marche à pied dans les zones les plus denses. Comme pour toute photo d’enfant pendant le défilé de lanternes, un mot ou un sourire aux parents avant de dégainer l’appareil est toujours bien reçu. Fin septembre correspond aussi à la fin de la saison des pluies dans le Nord, une petite averse en soirée n’est donc pas à exclure.
Pour un premier Tết Trung Thu au Vietnam, on conseille Hà Nội ou Hội An, plus simples d’accès et déjà riches en ambiance. Pour une expérience plus locale, en marge des circuits touristiques, Tuyên Quang vaut le déplacement, à condition d’accepter un hébergement plus modeste. Chez Visages d’Asie, on peut caler un séjour sur mesure autour de ces dates, en associant la fête à un ou deux jours dans les environs, plutôt que de la traiter comme une simple étape.
Tết Trung Thu tombe le vendredi 25 septembre 2026, le 15e jour du huitième mois du calendrier lunaire, jour de pleine lune. Ce n’est pas un jour férié officiel au Vietnam, les commerces et bureaux restent donc ouverts, seule l’ambiance des rues change en soirée.
Trois adresses se distinguent : la rue Hàng Mã à Hanoï pour l’ambiance de quartier, la vieille ville de Hội An pour les lanternes flottantes sur la rivière Thu Bồn, et Tuyên Quang pour son défilé de lanternes géantes, plus local et moins touristique.
Aucune réservation n’est nécessaire pour circuler dans la vieille ville, mais les meilleures tables en terrasse au bord de la rivière se prennent tôt. Arriver avant 18h reste le plus sûr moyen d’avoir une place avant l’afflux du soir.
C’est le gâteau traditionnel de la fête, décliné en version cuite au four, bánh nướng, ou en pâte de riz gluant, bánh dẻo. On en trouve dans toutes les pâtisseries et supermarchés du pays dès début septembre, ainsi qu’en boîtes-cadeaux pour les proches ou les collègues.
Oui, historiquement les parents profitaient des récoltes pour se consacrer un peu plus à leurs enfants après une période de travail intense. Défilés de lanternes, danses de licorne et gâteaux restent aujourd’hui encore pensés en premier lieu pour eux, même si toute la famille y participe.
Facilement. La date tombe fin septembre, une période déjà propice à un passage par Hà Nội, la baie d’Ha Long ou Ninh Bình : il suffit de caler une soirée sur place le 24 ou le 25 septembre pour profiter de la fête sans bouleverser l’itinéraire.
Tết Trung Thu ne dure qu’une soirée, mais elle dit beaucoup du Vietnam : le respect des anciens pour les enfants, le goût des retrouvailles familiales, et cette capacité à transformer une rue de commerce en spectacle le temps d’une pleine lune. Qu’on la croise à Hà Nội, à Hội An ou à Tuyên Quang, elle mérite qu’on cale son voyage dessus plutôt que l’inverse.
Un circuit dans le Nord du Vietnam se prête bien à une soirée de Tết Trung Thu, entre Hà Nội, Hội An ou Ninh Bình. Pour construire un itinéraire sur mesure autour de ces dates, demandez votre devis gratuit, ou découvrez nos voyages au Vietnam.