Au plus près du Vietnam et d'Angkor - Carnet de voyage de 21 jours

Au plus près du Vietnam et d'Angkor - Carnet de voyage de 21 jours

Au plus près du Vietnam et d’Angkor : notre circuit Vietnam et Angkor de vingt et un jours nous mène du Nord karstique du Vietnam aux temples endormis d’Angkor, avec toujours la même idée en tête : s’arrêter, parler, partager un verre d’alcool de maïs ou une gamelle de riz avec ceux qui vivent là. On commence dans les ruelles de Hanoï, on grimpe jusqu’aux hameaux h’mong et dao du plateau de Dong Van, on descend dormir chez l’habitant à Ba Be et à Bac Ha, on glisse sur les eaux d’émeraude de la baie de Lan Ha, on traverse Hué, Hoi An et le delta du Mékong, avant de franchir la frontière cambodgienne pour trois jours au cœur de la civilisation khmère, entre Angkor Thom, Angkor Wat et le lac Tonlé Sap. Ce carnet raconte ce voyage tel qu’on l’a vécu, au fil des rencontres.

Jour 1 : Hanoï, premier contact

Premier jour de notre circuit Vietnam et Angkor : on atterrit en fin d’après-midi, la chaleur nous saute au visage dès la sortie du terminal. Le chauffeur nous attend avec un carton un peu froissé où notre nom est écrit au marqueur. Sur la route vers le vieux quartier, le taxi ralentit sans cesse : mobylettes chargées de cages à poules, marchandes accroupies devant des bassines de fruits, enfants qui traversent en courant. « Bienvenue à Hanoï, ici on klaxonne pour dire bonjour, pas pour se fâcher », plaisante le chauffeur dans un français hésitant mais joyeux.

Une fois posé le sac dans la chambre, on ressort marcher jusqu’au lac Hoan Kiem. Le temple Ngoc Son, posé sur son îlot, se reflète dans l’eau orangée du soir. Des cyclo-pousse nous accostent en douceur — on hésite, puis on monte. Le conducteur, un homme sec au sourire édenté, pédale sans effort apparent dans le dédale du quartier des 36 corporations. « Avant, chaque rue ne vendait qu’une seule chose », nous explique-t-il en désignant les enseignes. « Rue de la soie, rue de l’étain, rue du papier. Aujourd’hui c’est un peu mélangé, mais les noms sont restés. » On termine devant la cathédrale Saint-Joseph, la nuit tombée, avec la sensation d’avoir déjà mis un pied dans la vie de la ville.

Jour 2 : Hanoï, entre pagodes et mémoire

Petit-déjeuner avalé, on retrouve notre guide devant l’hôtel. Il s’appelle Tuan, la trentaine, un carnet écorné toujours en poche. « Aujourd’hui, je ne vais pas vous faire un cours d’histoire, je vais vous raconter mon pays », annonce-t-il en guise de programme. Premier arrêt à la pagode Tran Quoc, la plus ancienne de Hanoï, plantée sur une presqu’île du lac de l’Ouest depuis le 6e siècle. Des femmes âgées y déposent des fruits devant les bouddhas dorés, en silence.

Non loin, le temple taoïste Quan Thanh et sa statue de bronze de quatre tonnes nous arrêtent net. On passe ensuite devant la maison sur pilotis qu’occupait Hô Chi Minh, puis la pagode au pilier unique. « Ho Chi Minh a refusé de vivre dans le palais colonial, il a préféré cette maison simple », précise Tuan, presque avec fierté. L’après-midi, direction le temple de la Littérature, première université du pays fondée au 11e siècle, où des étudiants en toge posent pour leur photo de diplôme entre les stèles de pierre. On termine au musée d’ethnographie, une plongée en accéléré dans les cultures des minorités qu’on s’apprête à croiser sur la route : Tuan s’arrête devant une maquette de maison tay. « Vous verrez, dans dix jours, vous dormirez dans une vraie. »

Jour 3 : Route vers Ba Be, nuit chez l'habitant

On quitte Hanoï tôt. Les rizières du delta laissent peu à peu place à des collines plus vertes, puis aux premiers pitons calcaires. Le chauffeur s’arrête sans qu’on le demande devant une briqueterie traditionnelle : la terre argileuse est moulée à la main, séchée au soleil, cuite dans un four noirci par des décennies de fumée. Un ouvrier torse nu nous tend une brique encore tiède en riant.

En fin de matinée, on entre dans le parc national de Ba Be. Le lac — en réalité trois lacs reliés — s’étale, encadré de pitons couverts de forêt. On embarque sur une barque à moteur pour longer les berges jusqu’à la grotte Puong, un tunnel naturel de 200 mètres où des milliers de chauves-souris s’agitent au-dessus de nos têtes. Halte ensuite au temple Yen Ma, bâti sur un îlot, où l’eau est assez calme pour qu’on s’y baigne.

En fin de journée, on rejoint le village tay de Pac Ngoi. Notre famille d’accueil nous attend au pied d’une grande maison de bois sur pilotis. La maîtresse de maison, qu’on appelle simplement « bac » (tante), nous invite à l’aider à préparer le dîner. « Vous coupez les légumes comme des touristes », nous taquine-t-elle en riant, avant de nous montrer le bon geste. Le repas se prend tous ensemble, assis en tailleur autour de plats fumants, entre rires et gestes plus que mots.

Jour 4 : Sur les hauteurs de Bao Lac, chez les Lolo noirs

Il faut dire au revoir à notre famille tay, non sans un dernier café glacé partagé sur la terrasse en bois. La route grimpe ensuite vers la province de Cao Bang et la ville-frontière de Bao Lac, tout au nord-est du pays. On s’arrête souvent : un village, une rizière en terrasse, une échoppe où l’on nous offre un thé sans qu’on ait rien demandé.

L’après-midi, on marche jusqu’au village de Coc Xa pour rencontrer les Lolo noirs, une ethnie qui ne compte que quelques milliers de personnes dans la région. Certaines familles vivent encore dans des maisons sur pilotis accrochées à la pente. Une femme, assise devant sa porte, brode une tunique noire aux motifs éclatants. On s’arrête, on regarde, elle lève les yeux : « Ça prend un mois, une tunique comme celle-là », dit-elle simplement à travers Tuan qui traduit. Un membre du groupe, Élodie, s’accroupit à côté d’elle pour observer le point de couture de plus près. « On dirait de la dentelle noire », glisse-t-elle, admirative. On redescend vers Bao Lac à la tombée du jour, les pieds fatigués et les yeux pleins de couleurs.

Jour 5 : Le col de Ma Pi Leng et la rivière Nho Que

Ce circuit Vietnam et Angkor continue vers les hauteurs : direction Dong Van, dans la province de Ha Giang, un géoparc classé au patrimoine mondial depuis 2010. Première étape à Meo Vac, où la rivière Nho Que serpente entre de hautes falaises, au pied du col mythique. On embarque pour une navigation sur l’eau émeraude, encaissée entre des parois vertigineuses.

Puis vient la montée du col de Ma Pi Leng, à 2000 mètres d’altitude. Le chauffeur se gare à un belvédère et on reste là, sans parler, le temps de laisser le paysage s’imprimer. Les nuages jouent avec les rochers, quelques toits de hameaux h’mong pointent tout en bas. « Ici, même les habitués s’arrêtent à chaque passage », nous confie Tuan. « On ne s’en lasse jamais. » On marche un moment sur un sentier pour se dégourdir les jambes et croiser des habitants dans leurs activités du quotidien : un homme qui fend du bois, une femme qui porte une hotte de maïs deux fois plus large qu’elle. On rejoint Dong Van pour la nuit, encore un peu étourdis par la grandeur du paysage.

Jour 6 : Villages h'mong bleus et palais du roi Meo

Journée consacrée au géoparc et à ses habitants, les H’mong bleus en tête. On les voit semer entre les rochers, dans la moindre poche de terre : maïs, chanvre, un peu de fourrage. On traverse Sung La, réputé être le plus beau village du plateau, puis on s’arrête à Lung Tam, où les femmes se sont regroupées en coopérative pour perpétuer le travail du lin — extraction des fibres, filage, tissage, teinture, broderie. Une jeune femme actionne son métier à tisser sans lever les yeux de la navette. « Ma grand-mère m’a appris, comme sa propre grand-mère le lui avait appris », dit-elle, un sourire timide aux lèvres.

On visite aussi le palais du roi des H’mong, Dinh Mua Veo, imposante bâtisse de pierre et de bois du début du 20e siècle, flanquée de deux tours. En fin d’après-midi, on atteint Nam Dam, village dao à longue tunique niché dans une vallée verdoyante. La famille qui nous accueille vit dans une maison de torchis traditionnelle. Le père de famille, un verre d’alcool de maïs à la main, porte un toast à sa manière : « Un pour la route, un pour l’amitié, un pour que vous reveniez ! » On rit, on trinque trois fois, on ne comprend pas tout mais on comprend l’essentiel.

Jour 7 : De Nam Dam à l'écolodge de Pan Hou

Le matin, on marche dans le village avec nos hôtes dao avant de reprendre la route. Halte à Tam Son pour admirer les montagnes jumelles, surnommées « la poitrine de la Dame Céleste » — le nom fait sourire tout le groupe. On s’arrête ensuite à Thon Tha, village tay aux maisons traditionnelles à flanc de colline, entouré de rizières en terrasses bien irriguées. On y déjeune dans un petit restaurant local ; la cuisinière, occupée à faire frire des galettes de riz, lève à peine la tête pour nous saluer d’un sourire.

L’après-midi, la route continue vers Hoang Su Phi, district rural réputé pour ses rizières en terrasses spectaculaires. « Ici, personne ne passe par hasard », note un compagnon de voyage du groupe, Marc, en regardant défiler le paysage par la vitre. « On dirait qu’on a quitté toutes les cartes touristiques. » On termine la journée à l’écolodge de Pan Hou, où un massage aux herbes médicinales vient à point nommé pour des jambes bien sollicitées.

Jour 8 : Rizières de Lau Thi Ngai et nuit à Na Lo

Balade matinale dans la vallée de Hoang Su Phi avant de prendre la route pour le district de Bac Ha, où treize ethnies minoritaires différentes se côtoient. On randonne dans les rizières de Lau Thi Ngai : la vue, depuis la crête, s’étend sur des terrasses vert émeraude à perte de vue. Des habitants nous invitent à faire une pause : une tasse de thé, parfois un petit verre d’alcool de prune, offert sans façon.

On arrive en fin de journée au hameau de Na Lo, pour une nouvelle nuit chez l’habitant. Le repas est préparé par la famille qui nous reçoit ; le grand-père de la maison, assis en bout de table, observe le groupe manger avec un plaisir non dissimulé. « Vous mangez comme des Vietnamiens, c’est bon signe », lance-t-il en riant, avant de resservir tout le monde de riz sans demander l’avis de personne.

Jour 9 : Le marché ethnique de Sin Cheng

À mi-parcours de ce circuit Vietnam et Angkor, départ tôt pour le marché de Sin Cheng, à 35 kilomètres de Bac Ha, niché dans un secteur montagneux pas toujours facile d’accès. L’effort en vaut la peine : dès l’arrivée, les couleurs et l’agitation nous happent. H’mong fleuris, Tay, Dao, Nung se croisent entre les étals de fruits, de tissus, d’outillage. On observe la scène classique des négociations autour des buffles, ponctuée de gestes secs et de rires. Une marchande de soupe nous invite à goûter, sans un mot de français ni de vietnamien commun, juste avec un bol tendu et un sourire qui n’a besoin d’aucune traduction.

« C’est le genre de marché qu’on ne peut pas raconter, il faut le sentir », résume Tuan pendant qu’on flâne entre les étals. On reprend ensuite la route pour Hanoï, la tête pleine d’images et de couleurs, prêts pour la suite du voyage vers la mer.

Jour 10 : Cap sur la baie de Lan Ha

Départ pour le port de Hai Phong, puis traversée rapide en bateau jusqu’à l’île de Cat Ba. Vers midi, on grimpe à bord d’une jonque en bois pour une croisière dans la baie de Lan Ha, cousine plus discrète de la baie d’Ha Long. Premier arrêt déjeuner à la plage de Van Boi : les pains de sucre calcaires émergent de l’eau calme, formant un vrai labyrinthe où l’on a hâte de se perdre.

La jonque poursuit sa route jusqu’à l’île de Dau Be. On descend en kayak pour explorer les recoins de la baie, un point de vue tout différent, au ras de l’eau. « On dirait un décor de film », lâche Élodie en pagayant sous une arche naturelle. Le capitaine de la jonque, un habitué de ces eaux depuis vingt ans, nous confie en riant : « Je connais chaque rocher par son nom, mais je ne pourrais pas vous les traduire ! » Nuit à bord, bercés par le clapot.

Jour 11 : Lever de soleil sur la baie, envol pour Hué

Réveil tôt pour ne rien manquer du lever de soleil : la brume s’accroche encore aux pitons quand les premiers rayons percent. Quelques membres du groupe suivent une courte séance de taï-chi sur le pont, pendant que les pêcheurs des environs relèvent leurs filets. On accoste à l’île de Viet Hai et on enfourche des vélos pour rejoindre un village de pêcheurs à travers une nature généreuse. « C’est calme, mais on ne s’ennuie jamais ici », nous dit un habitant croisé sur le chemin, en désignant fièrement son potager.

Après le déjeuner pris à bord, la croisière touche à sa fin. Retour à Hanoï, puis vol intérieur pour Hué, où l’on atterrit en soirée, déjà dans une autre ambiance : plus douce, plus lente, sous le charme discret de l’ancienne capitale impériale.

Jour 12 : Hué, la cité impériale

Nouvelle journée de ce circuit Vietnam et Angkor : direction le marché de Dong Ba, tout proche de la citadelle, sur les rives de la rivière des Parfums. Actif depuis 3 heures du matin pour la vente du poisson, il propose de tout : fruits, épices, thé, chapeaux coniques. On s’y arrête pour un bol de bun bo Hué fumant, préparé par une vendeuse qui manie sa louche avec une précision d’horlogère.

Puis on pénètre dans la citadelle et la Cité interdite des empereurs Nguyen, classée à l’UNESCO. « Regardez ces murs autour de nous, dehors — ils se couvrent de mousse et se décomposent. Ici, dans l’enceinte, tout est restauré, entretenu », remarque Tuan en désignant le contraste entre le quartier populaire et le palais. On visite ensuite la pagode Thien Mu, bâtie en 1601 au bord du fleuve, puis le mausolée de l’empereur Minh Mang, niché dans un cadre naturel apaisant. Un gardien du site, assis à l’ombre d’un pin, nous glisse : « Les empereurs choisissaient eux-mêmes l’emplacement de leur tombeau, ils voulaient un endroit en harmonie, pas juste un beau décor. »

Jour 13 : Le col des Nuages et le potager de Tra Que

Départ vers Hoi An en passant par la plage de Lang Co, où quelques pêcheurs réparent leurs filets à l’ombre. On échange quelques mots, on prend le temps de regarder la mer. La route grimpe ensuite sur le col des Nuages : vue plongeante sur Danang et Lang Co, brume qui joue avec la ligne de crête.

On s’arrête au village de Tra Que, surnommé « le potager de Hoi An ». Deux cents familles y cultivent des herbes aromatiques sans le moindre engrais chimique, sur des parcelles amendées par une algue locale. Un maraîcher nous fait sentir une feuille de menthe fraîchement cueillie. « Sentez, c’est différent de ce que vous trouvez en ville, non ? », demande-t-il, manifestement fier de son terroir. On arrive enfin à Hoi An, ville-port aux origines multiséculaires, où les lampions commencent à s’allumer avec la tombée du jour.

Jour 14 : À vélo entre Cam Thanh et My Son

Départ à vélo pour Cam Thanh, à cinq kilomètres du centre. On croise des buffles au travail, des paysans courbés dans les champs. Puis on monte à bord d’un bateau-panier traditionnel pour naviguer dans la forêt de palmiers d’eau, un vrai écosystème de mangrove. Le batelier, un habitué du geste, nous fait une démonstration de rotation rapide du panier — un art local qu’il maîtrise depuis l’enfance. « Mon père me faisait déjà tourner comme ça quand j’étais petit », raconte-t-il en riant, avant de laisser un membre du groupe essayer, sous les rires de tous.

L’après-midi, direction le sanctuaire de My Son, vestige du royaume Champa classé à l’UNESCO. Entre les tours-temples endommagées par le temps et la guerre, on ressent malgré tout la puissance du lieu. « On dirait des ruines qui respirent encore », observe Marc, silencieux depuis un moment. Retour à Hoi An pour une soirée libre, entre boutiques de tailleurs et petits restaurants au bord de la rivière.

Jour 15 : Vol pour Saigon, plongée dans le Sud

Nouvelle étape de ce circuit Vietnam et Angkor : vol intérieur pour Ho Chi Minh-Ville, l’ancienne Saigon. Le contraste avec le Nord saute aux yeux dès la sortie de l’aéroport : gratte-ciel, klaxons continus, énergie citadine. On parcourt le centre-ville à pied : la Poste centrale et sa charpente signée des ateliers Eiffel, la cathédrale Notre-Dame, le palais de la Réunification, le marché Ben Thanh. Notre chauffeur du Sud, plus jeune que Tuan, commente avec humour : « Ici, c’est le Vietnam qui ne dort jamais — même les motos font la sieste debout ! »

En fin de journée, temps libre dans les rues animées. On s’installe à une terrasse, un jus de canne à sucre à la main, à regarder la ville vivre.

Jour 16 : Premiers pas dans le delta du Mékong

Départ vers le delta, univers d’eau et de vergers. Halte dans une pépinière de bonsaïs, puis embarquement à Ben Tre pour explorer les rives en sampan : ateliers de transformation de la noix de coco — fibre, chair, caramels —, une briqueterie, un dédale d’arroyos ombragés. Après un déjeuner libre, on rejoint le district de Cho Lach en franchissant quelques ponts de singe, sous les rires de ceux qui perdent l’équilibre.

On arrive au Jardin du Mékong, bungalows nichés dans un jardin luxuriant, tenus par une famille chaleureuse. On participe à un atelier de cuisine : préparation de banh xeo sur un brasero alimenté aux branchages du jardin. La cuisinière, en nous regardant verser trop de pâte dans la poêle, éclate de rire : « Doucement, doucement, sinon ça devient une crêpe, pas un banh xeo ! » Le repas du soir, partagé tous ensemble, a le goût de la leçon bien apprise.

Jour 17 : Sa Dec, sur les traces de Marguerite Duras

Départ à vélo pour découvrir le quotidien du village avant de rejoindre Sa Dec, à 140 kilomètres au sud de Saigon. La ville doit une part de sa notoriété littéraire à Marguerite Duras, qui y vécut une histoire d’amour ayant inspiré son roman L’Amant. On visite l’ancienne demeure de la famille Huynh, ouverte au public depuis 2009. Le gardien des lieux, intarissable sur l’histoire de la maison, s’attarde sur chaque détail du mobilier d’époque : « Cette table-là, elle a vu passer plus d’histoires d’amour que n’importe quel roman », plaisante-t-il en caressant le bois patiné.

On flâne ensuite parmi les jardins et les villas coloniales bien conservées, témoins d’une ville autrefois carrefour d’influences chinoises et françaises. Arrivée à Long Xuyen en fin de journée, temps libre pour se perdre dans les rues du centre.

Jour 18 : Marché flottant et île du Tigre, envol pour Siem Reap

Avant-dernière étape vietnamienne de ce circuit Vietnam et Angkor : embarcation à moteur au petit matin pour rejoindre le marché flottant de Long Xuyen, pôle commercial important de la province d’An Giang. Fruits, riz, poissons de pisciculture s’échangent au fil de l’eau, entre bateaux qui se frôlent sans jamais se heurter. On va aussi à la rencontre d’habitants qui vivent sur des maisons flottantes — un mode de vie qu’on peine à imaginer avant de le voir de ses propres yeux.

Traversée en ferry du fleuve Bassac pour explorer à vélo l’île Cu Lao Ong Ho, dite « île du Tigre » : hamacs entre les arbres, jardins soignés, douceur de vivre palpable. Un habitant, assis dans son hamac, nous salue sans se lever : « Ici, le temps ne presse personne. » Le mot restera dans toutes les mémoires du groupe. Il faut pourtant filer vers l’aéroport de Ho Chi Minh-Ville pour le vol du soir jusqu’à Siem Reap, au Cambodge — le Vietnam se referme derrière nous, non sans un pincement au cœur.

Jour 19 : Angkor Thom et Angkor Wat

Premier contact avec l’univers mystique d’Angkor. À vélo, on entre dans Angkor Thom — « la grande Cité » — bâtie à la fin du 12e siècle et qui abrita jusqu’à un million d’habitants en son temps. Franchissement d’une des cinq portes monumentales, puis découverte du temple Bayon et de ses tours à visages énigmatiques. Notre guide cambodgien, Sokha, nous arrête devant l’un d’eux : « Certains disent que ce sont les visages du roi Jayavarman VII, d’autres ceux du bouddha Avalokiteshvara. Peut-être les deux à la fois. »

On visite aussi le Baphuon, temple-montagne dédié à Shiva, la terrasse des Éléphants et celle du Roi lépreux. Après un déjeuner dans un restaurant local, cap sur Angkor Wat, construit par le roi Suryavarman II au 12e siècle : ancienne capitale de l’empire khmer jusqu’au 15e siècle, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et lieu de culte le plus étendu au monde, représenté sur le drapeau national. Devant la façade emblématique qui se reflète dans le bassin, Marc reste silencieux un long moment avant de lâcher : « On a vu des photos toute notre vie, et pourtant rien ne prépare à ça. » Sokha, lui, sourit : « C’est notre plus grande fierté. Chaque Cambodgien porte Angkor Wat un peu en lui. »

Jour 20 : Kbal Spean, Banteay Srei et Banteay Samre

Randonnée de deux heures dans la jungle jusqu’au site de Kbal Spean, où le lit de la rivière a été sculpté sur 1,5 kilomètre de sculptures hindoues dédiées aux divinités. Le site, oublié pendant des siècles, n’a été redécouvert qu’en 1969 par un archéologue français. On poursuit vers Banteay Srei, temple du 10e siècle surnommé « temple rose » pour son grès délicatement sculpté. « Regardez la finesse de ces motifs — c’est presque de la dentelle de pierre », commente Sokha, imperturbable malgré les dizaines de fois où il a dû prononcer cette phrase.

Sur le chemin du retour, halte dans un atelier familial de sucre de palme : la sève cuit longuement dans de grandes marmites noircies, sous l’œil d’une femme qui touille sans relâche. « Ça demande de la patience, comme beaucoup de choses ici », dit-elle avec un sourire fatigué mais serein. Dernier arrêt à Banteay Samre, temple-montagne peu fréquenté, protégé par deux enceintes concentriques — un moment de calme bienvenu après la densité de la journée.

Jour 21 : Kompong Khleang, le lac Tonlé Sap et le départ

Dernier jour de ce circuit Vietnam et Angkor, dernière rencontre : le village de pêcheurs de Kompong Khleang, sur les rives du lac Tonlé Sap. Les maisons sur pilotis s’élèvent ou s’abaissent avec les eaux selon la saison ; plus loin, un village entièrement flottant se déplace en barque d’une maison à l’autre. Après la visite d’une pagode, on embarque pour naviguer sur l’immense lac, poumon de tout le pays. Un pêcheur, en train de réparer un filet sur le pas de sa porte flottante, nous lance avec malice : « Vous repartez juste au moment où vous commenciez à comprendre comment on vit ici ! »

Le déjeuner est pris chez une famille qui tient un petit restaurant de spécialités khmères — puis une dernière balade à vélo dans la campagne autour du lac. En fin d’après-midi, il faut reprendre la route vers l’aéroport de Siem Reap. Dans la voiture, plus personne ne parle vraiment ; chacun revoit en silence les vingt et un jours qui viennent de s’écouler, des ruelles de Hanoï jusqu’aux bassins d’Angkor Wat. Sokha, en guise d’adieu, résume peut-être le mieux ce qu’on a vécu : « Vous n’avez pas vu le Vietnam et le Cambodge. Vous avez rencontré le Vietnam et le Cambodge. »

FAQ - Questions fréquentes sur le circuit Vietnam et Angkor

Combien de temps dure le circuit Au plus près du Vietnam et d'Angkor ?

Ce circuit Vietnam et Angkor se déroule sur 21 jours et 20 nuits, entre le Nord, le Centre et le Sud du Vietnam, complétés par 3 jours dans la région d’Angkor au Cambodge.

Quels sont les temps forts de ce voyage ?

Parmi les moments marquants : les nuits chez l’habitant à Ba Be, Nam Dam et Na Lo, le col de Ma Pi Leng et le géoparc de Dong Van, la croisière en jonque dans la baie de Lan Ha, la cité impériale de Hué, le sanctuaire de My Son, le delta du Mékong et bien sûr Angkor Thom, Angkor Wat et le lac Tonlé Sap.

Ce circuit est-il physiquement exigeant ?

Le rythme est soutenu avec plusieurs jours de route et quelques randonnées (Ma Pi Leng, Lau Thi Ngai, Kbal Spean), mais aucune étape ne demande de condition physique particulière. Une bonne marche à allure modérée suffit.

Sommes-nous accompagnés tout au long du séjour ?

Oui, un guide francophone et un chauffeur vous accompagnent durant toute la partie vietnamienne, et un guide local prend le relais pour la partie cambodgienne autour d’Angkor.

Quelle est la meilleure période pour partir ?

Les mois d’octobre à avril offrent généralement des conditions climatiques agréables sur l’ensemble du parcours, entre le Nord montagneux du Vietnam et les plaines cambodgiennes.

Faut-il un visa pour le Vietnam et le Cambodge ?

Oui, pour ce circuit Vietnam et Angkor, des formalités de visa sont nécessaires pour chacun des deux pays. Notre équipe vous accompagne dans ces démarches lors de la préparation de votre voyage.

Notre circuit Vietnam et Angkor

Au fil des vingt et un jours de ce circuit Vietnam et Angkor, on n’a jamais eu le sentiment de traverser le Vietnam et le Cambodge en simples spectateurs. Chaque étape a été une porte ouverte sur le quotidien de ceux qu’on croisait : une famille tay à Pac Ngoi, une brodeuse lolo à Coc Xa, une tisserande h’mong à Lung Tam, un batelier à Cam Thanh, un pêcheur sur le Tonlé Sap. Entre les sommets du Ha Giang, les eaux calmes de la baie de Lan Ha, la mémoire impériale de Hué et la grandeur silencieuse d’Angkor, ce voyage au plus près du Vietnam et d’Angkor est de ceux qu’on continue de raconter longtemps après être rentré.

Envie de vivre ce circuit Vietnam et Angkor à votre rythme :

Ce carnet de voyage s’inspire du circuit cette offre de voyage sur mesure, que vous pouvez retrouver en détail sur notre site. Envie d’explorer d’autres itinéraires à travers la région ? Découvrez tous nos circuits sur mesure au Vietnam et au Cambodge. Pour construire votre propre voyage, du Nord montagneux jusqu’aux temples d’Angkor, demandez votre devis gratuit et nos experts francophones vous accompagnent à chaque étape.

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