Parc national de Cat Bà : trekking, grottes et langur rare

Parc national de Cat Bà : trekking, grottes et langur rare

La plupart des croisières en jonque dans la baie de Lan Ha s’arrêtent à l’eau, sans jamais explorer le parc national de Cat Bà qui borde la baie. Kayak entre les pitons karstiques, baignade dans une crique, coucher de soleil depuis le pont. Le programme, en effet, reste marin d’un bout à l’autre.

Peu de voyageurs posent pied à terre pour explorer ce qui se cache derrière ces falaises calcaires. Pourtant, ce parc occupe près de la moitié de l’île. Plus de 16 000 hectares de forêt y sont d’ailleurs protégés.

On y trouve une tout autre facette de l’archipel : forêt primaire sur karst, sentiers de randonnée, grottes historiques. Et surtout, l’un des primates les plus menacés de la planète, introuvable ailleurs sur Terre.

Un sanctuaire forestier classé réserve de biosphère

Créé le 31 mars 1986, le parc national de Cat Bà couvre environ 16 200 hectares. Près de 11 000 hectares de forêt et un peu plus de 5 200 hectares de mer en font partie. Il forme le cœur de l’archipel de Cat Bà. Celui-ci est classé réserve de biosphère mondiale par l’UNESCO en 2004, sur plus de 26 000 hectares terrestres et marins.

C’est l’un des sites naturels les plus reconnus du Vietnam. Il se trouve d’ailleurs aux côtés de la baie d’Ha Long, à laquelle il est directement rattaché. Plus de 1 500 espèces végétales y ont été recensées. Parmi elles, l’emblématique kim giao, un conifère rare autrefois réservé à la fabrication des baguettes des mandarins.

Civettes, macaques, cerfs muntjac : près de 300 espèces animales complètent ce tableau. Une avifaune abondante anime la canopée dès les premières heures du jour.

Astuce : le siège du parc, à Trung Trang, reste l’unique point d’accès aux sentiers balisés. C’est aussi le seul endroit où acheter de l’eau à l’intérieur du parc. Mieux vaut prévoir au moins 1,5 litre par personne et un encas, aucun restaurant n’existant plus loin sur les sentiers.

Comment rejoindre le parc depuis la baie de Lan Ha

L’entrée principale du parc se trouve à une quinzaine de kilomètres du centre-ville de Cat Bà. Comptez une trentaine de minutes en voiture ou en moto depuis le port. Des motos-taxis (xe ôm) attendent généralement à la sortie de la ville pour ce trajet.

Pour les voyageurs déjà en croisière, plusieurs jonques dans la baie de Lan Ha proposent une escale combinée. Le principe : débarquement à un ponton proche du parc, une demi-journée de randonnée, puis retour à bord pour la nuit. C’est une manière efficace d’associer mer et forêt sans repasser par un hôtel.

Astuce : le parc ouvre tous les jours de 7h à 17h, mais mieux vaut arriver avant 8h. La chaleur, en effet, monte vite l’après-midi et les groupes se multiplient sur les sentiers courts. Les chances d’entendre la faune — oiseaux, gibbons, parfois des langurs au loin — restent bien meilleures tôt le matin.

L'ascension du sommet Ngự Lâm, la vue qui récompense l'effort

Le sentier vers le sommet Ngự Lâm (parfois écrit Ngũ Lâm) compte parmi les plus accessibles du parc. Comptez 1,4 km à parcourir, entre 45 minutes et une heure de marche à l’aller, pour environ 180 mètres de dénivelé. La montée reste, malgré quelques passages raides, à la portée d’un randonneur de niveau moyen en bonnes chaussures.

Elle traverse une forêt calcaire dense avant de déboucher sur un point de vue à 360°. D’un côté, les collines boisées du parc. De l’autre, par temps clair, les premiers îlots de la baie de Lan Ha qui se dessinent au loin. C’est d’ailleurs un panorama qu’on ne trouve pas depuis le pont d’une jonque.

Astuce : visez une arrivée au sommet avant 9h. Vous profiterez du point de vue sans la brume qui s’installe parfois en fin de matinée. Les autres groupes de randonneurs arrivent en général plus tard. Prévoyez de l’eau, un chapeau et de la crème solaire : il n’y a en effet aucune ombre une fois en haut.

La forêt de Kim Giao, sur le chemin du sommet

À mi-chemin du sommet Ngự Lâm, la forêt de Kim Giao mérite qu’on ralentisse le pas. Comptez 1,5 km aller-retour, une trentaine de minutes de marche, au milieu d’arbres centenaires de l’espèce du même nom. Le bois de kim giao, blanc et fin, était autrefois réservé à la fabrication des baguettes de la cour royale. La légende voulait qu’il change de couleur au contact d’un poison.

Reconnaissable à son feuillage fin en aiguilles et à son écorce grisâtre, l’arbre pousse lentement sur le calcaire. Certains spécimens dépassent plusieurs siècles. Le sentier, ombragé et relativement plat, se combine d’ailleurs facilement avec la montée vers Ngự Lâm pour former une boucle d’une demi-journée.

Astuce : c’est l’un des secteurs les plus silencieux du parc tôt le matin. Les guides y emmènent parfois les visiteurs à l’écoute des cris de langurs ou de gibbons. Ceux-ci restent plus actifs entre 6h et 8h qu’au reste de la journée.

Grottes du parc : Trung Trang et l'hôpital secret de la guerre

À 1,2 km du siège du parc, la grotte de Trung Trang se visite en 20 à 30 minutes, aller-retour. Le chemin est d’ailleurs aménagé, avec passerelles et rambardes métalliques : inutile d’apporter une lampe torche. La température y reste fraîche toute l’année, un contraste bienvenu après la montée vers Ngự Lâm. Le sol reste néanmoins glissant par endroits : des chaussures fermées sont indispensables, les sandales sont à proscrire.

Moins connue des visiteurs pressés, la grotte de l’Hôpital (Hang Quân Y) mérite le détour pour une tout autre raison. Construite dans les années 1960 en pleine guerre du Vietnam, elle abritait un hôpital souterrain sur trois niveaux. Une quinzaine de salles s’y répartissaient — bloc opératoire, pharmacie, salle d’attente — capables d’accueillir des centaines de blessés. Il y avait même une salle de cinéma au deuxième étage, pour le moral des troupes.

Astuce : contrairement à Trung Trang, la grotte de l’Hôpital se visite presque toujours avec un guide. Sans lui, en effet, la visite perd beaucoup de son intérêt. Comptez environ une heure depuis le parking le plus proche. Un guide se réserve facilement à l’entrée du parc, le matin même.

Le langur de Cat Bà, un trésor qu'on ne voit presque jamais

C’est la vraie star discrète du parc : le langur de Cat Bà (voọc Cát Bà). Ce primate au pelage brun foncé, à la tête et aux épaules d’un blond doré, ne vit nulle part ailleurs sur Terre. Classé en danger critique d’extinction par l’UICN, il ne resterait aujourd’hui que moins de 70 individus à l’état sauvage. Ils étaient plusieurs milliers avant les années 1960 — l’une des chutes de population les plus sévères jamais enregistrées chez un primate.

Ces langurs vivent en groupes de 4 à 18 individus, sur les falaises calcaires les plus reculées de l’île. Elles restent donc largement inaccessibles à pied. Par ailleurs, une réserve dédiée, sur la péninsule est de l’île, abrite près de 40 % de la population mondiale. Elle reste fermée au tourisme pour ne pas perturber les animaux.

Astuce : mieux vaut ne pas se fixer sur l’idée d’en voir un. Certains guides évoquent parfois le secteur du lac Ao Ếch et les falaises orientales comme zones plus favorables, surtout à l’aube. Les chances restent faibles pour un visiteur de passage. C’est souvent le cri caractéristique du langur, plus que l’animal lui-même, qui trahit sa présence au petit matin.

FAQ – vos questions sur le parc national de Cat Bà

Combien de temps prévoir pour visiter le parc national de Cat Bà ?

Comptez une demi-journée pour l’essentiel : montée au sommet Ngự Lâm, passage par la forêt de Kim Giao. On peut aussi y ajouter la grotte de Trung Trang. Une journée complète reste plus confortable pour combiner plusieurs sites — sommet, forêt et grottes. Emportez de l’eau, au moins 1,5 litre, et un encas : le seul point de vente se trouve en effet à l’entrée du parc.

Faut-il être sportif pour randonner dans le parc ?

Pas pour les itinéraires courts. Le sommet Ngự Lâm et la forêt de Kim Giao restent accessibles à un marcheur de niveau moyen, en chaussures fermées. La traversée complète vers Viet Hai demande, en revanche, une réelle condition physique. Longue et parfois boueuse, elle n’est balisée que par endroits.

Peut-on visiter le parc sans faire de croisière en baie de Lan Ha ?

Oui. Le parc se visite très bien depuis la ville de Cat Bà, en voiture, en moto ou avec un guide. Une nuit à bord d’une jonque n’est donc pas nécessaire. C’est cependant l’un des rares endroits où combiner mer et forêt a du sens. Beaucoup de nos circuits associent une nuit de croisière dans la baie de Lan Ha à une demi-journée de marche dans le parc. Pas besoin de choisir entre les deux.

Quelle est la meilleure saison pour visiter le parc national de Cat Bà ?

D’octobre à avril, avec une préférence pour février-mars : températures plus fraîches, brumes matinales sur la canopée. On a aussi une chance légèrement meilleure d’apercevoir ou d’entendre les langurs, plus actifs tôt le matin. Les mois d’été (juin à août) sont plus chauds et humides, avec un risque de typhon à surveiller en fin d’été.

Combien coûte l'entrée du parc national de Cat Bà ?

L’entrée du parc (secteur terrestre) coûte environ 80 000 VND par adulte et 50 000 VND par enfant. Ce tarif est, en revanche, distinct du billet d’accès aux vịnh, réservé à la croisière en jonque. Un guide local, recommandé pour les grottes et vivement conseillé pour les itinéraires longs, coûte généralement entre 300 000 et 500 000 VND.

Ce qu'on retient du parc national de Cat Bà

Ce n’est pas une extension logique de la croisière en jonque. C’est un tout autre univers à quelques kilomètres de l’eau. Forêt primaire sur karst, grottes chargées d’histoire, primate le plus rare de la planète : la liste est longue. Une demi-journée suffit pour en avoir un aperçu solide. En pratique, comptez plutôt une journée complète pour vraiment respirer la forêt, plutôt que de la traverser au pas de course. Pour qui a le temps, c’est le complément presque parfait à une nuit à bord dans la baie de Lan Ha.

Envie d'ajouter le parc national de Cat Bà à votre circuit ?

Le parc national de Cat Bà s’associe naturellement à une croisière en jonque dans la baie de Lan Ha. Les deux partagent d’ailleurs le même massif karstique. Plusieurs de nos circuits combinent les deux : une nuit à bord dans la baie de Lan Ha, suivie d’une demi-journée de marche dans le parc. Vous reprenez ensuite la route vers le nord ou le sud du Vietnam. C’est le cas notamment de :

Pour aller plus loin, notre guide complet de la croisière en jonque dans la baie de Lan Ha détaille toutes les options. Notre article sur le village de Viet Hai à vélo présente un autre secteur du même parc. On s’y déplace à vélo plutôt qu’à pied.

Envie d’inclure le parc national de Cat Bà dans votre propre circuit ? Demandez votre devis gratuit, nos conseillers construisent l’itinéraire sur mesure.

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