Marchander au Vietnam est tout un art, et c’est celui qui a le plus marqué la voyageuse américaine Gentry Hale, partie découvrir le pays pendant trois semaines fin 2025, entre l’immensité du territoire et une météo imprévisible.
Trois semaines pour découvrir le Vietnam : c’est le pari qu’a tenté la voyageuse américaine Gentry Hale fin 2025. Entre l’immensité du territoire et une météo imprévisible, c’est finalement l’art du marchandage qui l’a le plus marquée une pratique qu’elle juge fascinante et qui lui a permis de voyager à moindre coût. Son récit dit beaucoup de ce que vivent les voyageurs occidentaux dans les marchés vietnamiens, et nous l’avons enrichi des conseils de nos guides pour que vous sachiez, vous aussi, marchander au Vietnam sans faux pas.
Oui, marchander au Vietnam est attendu, mais pas partout. La négociation se pratique dans les marchés, les boutiques de souvenirs sans étiquette et pour les petits transports de rue ; jamais dans les supermarchés, les restaurants à prix affichés ou les taxis à compteur. Dans les zones touristiques, le premier prix annoncé est souvent gonflé de 50 à 100 % : proposez environ la moitié, puis remontez par petits paliers, toujours avec le sourire. La règle d’or tient en un mot : la courtoisie. Ici, négocier est un échange social, pas un rapport de force.
Après trois semaines de voyage fin 2025, Gentry Hale a été conquise par la beauté des paysages, la finesse de la gastronomie et l’hospitalité des habitants. Elle a particulièrement aimé flâner dans les marchés locaux, ces lieux animés, riches en couleurs, en sons et en parfums. Se faire confectionner un ao dai à Hoi An, chiner des articles en cuir à Hanoï, goûter à la street-food : autant d’expériences restées gravées dans son cœur.
« Je suis vraiment attirée par l’ambiance des marchés locaux. Pourtant, j’ai réalisé plus tard que je m’étais fait avoir lors de mes premiers achats. Il faut marchander, c’est la culture au Vietnam, quelque chose que je n’avais jamais fait chez moi », confie-t-elle.
Au début, ne connaissant pas la valeur réelle des articles, elle acceptait systématiquement le premier prix, pensant que c’était plus simple. Puis, au fil des jours, elle a sauté le pas : proposer moins, demander une remise pour plusieurs articles. En osant négocier, elle a non seulement obtenu des prix plus justes, mais surtout eu le sentiment de s’immerger dans la vie locale, loin du simple statut de touriste.
« J’ai réalisé une chose assez intéressante : le marchandage n’est pas du tout stressant, car les vendeurs y sont habitués. De nombreux échanges se transforment même en moments de convivialité, ponctués de plaisanteries amicales », ajoute-t-elle. Pour Gentry, marchander n’est pas une question de « gagnant-perdant », mais la recherche d’un terrain d’entente qui satisfait les deux parties.
Premier réflexe à acquérir : distinguer les contextes où la négociation fait partie du jeu de ceux où elle serait déplacée. Voici les repères que donnent nos guides :
Contexte | On négocie ? | Le repère |
Marchés touristiques (Đồng Xuân à Hanoï, Bến Thành à Hô Chi Minh-Ville, marché de nuit de Hoi An) | Oui, systématiquement | Premier prix souvent gonflé de 50 à 100 % |
Marchés de quartier (produits frais) | Avec modération | Les prix sont déjà proches du juste ; quelques milliers de dôngs tout au plus |
Tailleurs et artisans (ao dai, cuir, laque) | Oui, surtout sur la quantité | Remise naturelle dès 2-3 pièces commandées |
Boutiques à prix affichés, supermarchés, centres commerciaux | Non | Les étiquettes font foi |
Restaurants et cafés avec menu | Non | Prix fixes, comme en France |
Taxis à compteur, VTC (Grab) | Non | Le compteur ou l’application fixe le tarif |
Cyclo-pousse, xe ôm (moto-taxi de rue) | Oui, avant de monter | Toujours convenir du prix avant le départ |
Tout commence par un sourire et un bonjour – « xin chào ». Demandez ensuite le prix sans vous engager : « Bao nhiêu tiền ? » (combien ça coûte ?). Si le montant vous semble élevé, un « Đắt quá ! » (c’est trop cher !) lancé sur le ton de la plaisanterie déclenche presque toujours un sourire complice… et une première baisse.
Proposez alors environ la moitié du prix annoncé dans les zones touristiques, puis remontez par petits paliers jusqu’au point d’équilibre. L’achat groupé est votre meilleur levier : trois articles chez le même vendeur justifient une vraie remise — « Giảm giá nhé ? » (une petite réduction ?). Et si l’écart reste trop grand, remerciez (cảm ơn) et éloignez-vous tranquillement : le « rappel du vendeur » qui accepte votre dernier prix est un grand classique des marchés vietnamiens. S’il ne vous rappelle pas, c’est que votre offre était réellement trop basse, le prix juste se situe entre les deux.
Un dernier repère utile pour marchander au Vietnam sans perdre le nord : convertissez mentalement en euros avant de vous battre pour 10 000 VNĐ… soit environ 35 centimes. Gardez sur vous des petites coupures, dans les marchés, l’appoint en liquide reste roi en 2026, même si la plupart des vendeurs affichent désormais un QR code de paiement destiné aux clients locaux.
Le conseil de Gentry aux novices résume tout : « N’ayez pas peur de demander les prix ni de négocier. Faites-le avec courtoisie et respect, et vous serez surpris de voir à quel point l’échange peut être fluide et amical. » Quelques usages complètent ce savoir-vivre pour marchander au Vietnam en toute élégance :
Le climat vietnamien, capable de changer radicalement d’une région à l’autre, a servi de leçon à Gentry. Partie début octobre de Hô Chi Minh-Ville, « comme entrer dans un sauna », se souvient-elle, trempée de sueur après quelques minutes de marche, elle a retrouvé deux semaines plus tard à Hanoï une atmosphère presque printanière, fraîche et pluvieuse en soirée. Sa recommandation : consulter les prévisions ville par ville, et non la météo générale du pays, puis privilégier des vêtements légers à séchage rapide et le principe des couches superposables.
Avant de partir, Gentry pensait que trois semaines suffiraient largement pour Hanoï, la baie d’Ha Long, Hoi An et Hô Chi Minh-Ville. « Le Vietnam est bien plus vaste qu’il n’y paraît sur une carte. Entre les distances réelles, l’état du trafic et le relief, chaque étape est chronophage », confie-t-elle, se remémorant ses 16 heures de train de nuit. Faute de temps, elle a dû renoncer au célèbre Ha Giang Loop à moto, l’un des itinéraires les plus spectaculaires du pays. « Si c’était à refaire, je me concentrerais sur quelques régions pour y passer plus de temps. Voyager plus lentement permet de mieux s’imprégner du rythme de vie et de la culture locale. » Son ultime conseil rejoint celui de nos équipes : apprendre quelques mots de vietnamien. Un simple salut suffit à créer un lien, et les échanges deviennent aussitôt plus chaleureux.
Souriez, demandez le prix (« Bao nhiêu tiền ? »), proposez environ la moitié du montant annoncé dans les zones touristiques, puis remontez par paliers jusqu’à un accord. Restez courtois du début à la fin et n’hésitez pas à vous éloigner poliment : le vendeur rappelle souvent l’acheteur pour conclure au dernier prix proposé.
Non. La négociation se pratique dans les marchés, les boutiques de souvenirs sans étiquette, chez les tailleurs et pour les transports de rue comme les cyclo-pousse. Elle n’a pas sa place dans les supermarchés, les centres commerciaux, les restaurants à menu affiché, les taxis à compteur ou les courses réservées via l’application Grab.
Dans les marchés touristiques comme Bến Thành ou Đồng Xuân, le premier prix est couramment gonflé de 50 à 100 % : une contre-offre à la moitié constitue un point de départ raisonnable, pour conclure autour de 60 à 70 % du montant initial. Dans les marchés de quartier, les marges sont bien plus faibles : négociez avec modération.
Au contraire : marchander au Vietnam fait partie de la culture commerçante et les vendeurs y sont parfaitement habitués. Beaucoup d’échanges tournent à la plaisanterie complice. Ce qui est mal vu, c’est l’agressivité, ou le fait de négocier âprement puis de repartir sans acheter — la courtoisie reste la règle absolue.
Toujours en dôngs vietnamiens (VNĐ) : c’est la monnaie légale et le seul moyen d’obtenir un prix juste. Prévoyez des petites coupures pour les marchés, où le liquide reste indispensable en 2026, même si les QR codes de paiement se sont généralisés chez les commerçants pour la clientèle locale. Les distributeurs sont nombreux dans toutes les villes touristiques.
Marchander au Vietnam, c’est bien plus qu’une affaire de prix : c’est une porte d’entrée dans la vie locale, un sourire échangé, une histoire à raconter. Nos guides francophones connaissent les allées de Đồng Xuân comme les ateliers de Hoi An : ils vous apprennent les bons mots, les bons gestes et les bonnes adresses où le premier prix est déjà le bon. Demandez votre devis !