Les environs de Hanoï comptent plus de 1 300 villages artisanaux, dont 276 officiellement reconnus pour leur activité traditionnelle préservée. Tous se trouvent dans un rayon de 15 à 50 km du centre-ville, accessibles en voiture privée, en taxi ou en scooter loué sur place. C’est là, plus que dans les musées du centre, que se joue une bonne partie de l’âme artisanale du Vietnam. Une journée suffit pour en visiter deux ou trois en combinant les villages selon leur proximité géographique
Les villages les plus accessibles aux voyageurs francophones sont Bát Tràng (céramique, 15 km à l’est), Quảng Phú Cầu (encens, 35 km au sud) et le village Chuông (chapeaux coniques, 30 km au sud), entre autres. La meilleure façon de visiter ces villages artisanaux autour de Hanoï en autonomie reste de louer un véhicule avec chauffeur pour la journée : cela donne la liberté des horaires et la flexibilité des arrêts. Comptez entre 40 et 80 dollars pour une voiture privée avec chauffeur selon le nombre de kilomètres. Un scooter de location (8 à 10 dollars par jour) reste envisageable pour les voyageurs expérimentés.
Quand on pense à Hanoï, on pense au lac Hoan Kiem, au Vieux Quartier, aux temples et aux musées. Ce sont des incontournables, des passages obligés, et ils méritent leur réputation. Mais pour un voyageur qui consacre quinze à vingt jours au Vietnam et souhaite comprendre un peu l’âme du pays, il y a une autre couche à découvrir, une qui ne figure pas en première page des guides touristiques.
Potiers, tisserands, fabricants de chapeaux coniques, artisans de l’encens, sculpteurs de bambou : ces communautés perpétuent des savoir-faire qui remontent parfois à plusieurs siècles, transmis de génération en génération dans les mêmes maisons, les mêmes cours, les mêmes gestes. Visiter un village artisanal, ce n’est pas entrer dans un musée pensé pour les touristes. C’est traverser un lieu où les gens travaillent vraiment, où les ateliers restent ouverts sur la rue, où les enfants apprennent les gestes en regardant leurs parents. Une façon de sortir de la capitale et de toucher quelque chose de plus lent, de plus profond, dans la culture vietnamienne.
Bát Tràng est sans doute le plus célèbre des villages artisanaux autour de Hanoï. Depuis plus de 700 ans, ce village de la rive du fleuve Rouge est réputé pour ses créations en céramique d’une grande finesse, une réputation qui remonte à l’âge d’or du village, entre le XVe et le milieu du XVIIIe siècle, quand ses pièces s’exportaient jusqu’en Asie du Sud-Est par bateau.
Dans ses ruelles flotte une odeur particulière : argile humide, four chaud, terre travaillée. Certains ateliers proposent de découvrir l’art de la céramique en participant à un atelier au cours duquel le visiteur réalise lui-même un objet, les mains dans l’argile, à côté d’un artisan qui façonne depuis l’enfance.
Le marché de la céramique, transformé en centre commercial depuis 2014, regroupe de nombreuses boutiques. Pour qui s’intéresse à l’histoire du métier, un musée de la céramique installé dans une belle maison traditionnelle présente une collection de plus de 360 pièces des XVIIIe et XIXe siècles.
Parmi les villages artisanaux autour de Hanoï, celui-ci est sans doute le plus photogénique. Le village d’encens Quảng Phú Cầu se situe dans le district d’Ứng Hòa, à environ 35 km au sud-ouest du centre de Hanoï. Devenu l’une des images les plus photographiées du Nord du Vietnam, et pour cause : la fabrication de l’encens constitue aujourd’hui le principal revenu de près de 10 000 ménages, et consomme plus de 20 tonnes de bambou par jour. La production comprend plusieurs étapes, depuis la coupe du bambou et la teinture des racines d’encens en rouge, jusqu’au séchage naturel au soleil et à l’ajout de pâte d’encens dans les bâtons.
Le spectacle visuel est saisissant : des centaines de bottes d’encens rouge et jaune séchant au soleil sur les routes, dans les cours, contre les façades des maisons. Mais au-delà de la photogénie, Quảng Phú Cầu porte une dimension spirituelle essentielle : cet encens est étroitement associé à la vénération des ancêtres, un rite qui représente la connexion entre le monde matériel et le monde invisible.
Conseil pratique : la lumière est la meilleure en milieu de matinée, quand le soleil frappe les bouquets d’encens étalés à même le sol. Prévoyez au moins une heure et demie sur place pour observer le processus de fabrication en plusieurs étapes.
Situé à plus de 30 km du centre-ville de Hanoï, le village de Chuông produit des nón lá, ces chapeaux coniques en feuilles de latanier, depuis plus de 300 ans. Le chapeau conique reste l’un des symboles visuels les plus reconnaissables du Vietnam. Voir comment il se fabrique, la sélection des feuilles, la découpe précise, l’assemblage délicat sur la forme en bambou, la couture au fil invisible, donne une tout autre valeur à l’objet qu’on croise partout dans le pays.
C’est l’un des villages artisanaux autour de Hanoï où le rythme du marché fait toute la différence. Le marché spécialisé de Chuông se tient les 4e, 10e, 14e, 20e, 24e et 30e jours de chaque mois lunaire dans la cour de la pagode, attirant artisans, commerçants et curieux entre 5h et 8h du matin. Arriver un jour de marché transforme complètement la visite.
Moins connu que Bát Tràng, ce village compte pourtant parmi les villages artisanaux autour de Hanoï les plus délicats à observer. Le village de Phú Vinh, dans le district de Chuong My, est officiellement reconnu comme village de métier traditionnel depuis 2002. Pratiquant la vannerie depuis près de 400 ans, il se distingue par des produits aux formes simples mais réalisés avec des techniques sophistiquées.
Osier, bambou, rotin, jonc : les artisans de Phú Vinh transforment ces matières premières en objets du quotidien et en pièces décoratives d’une finesse surprenante. Paniers, corbeilles, meubles et tableaux en vannerie se retrouvent aujourd’hui dans les intérieurs hanoïens, et s’exportent à l’international.
Parmi les villages artisanaux autour de Hanoï, celui-ci reste moins connu, et pour cela particulièrement attachant. En visitant Thạch Xá, le voyageur découvre tout un univers de libellules en bambou aux couleurs vives et aux formes élaborées avec soin, et peut même essayer d’en fabriquer une lui-même.
Thạch Xá se combine naturellement avec le village voisin de Chàng Sơn, réputé pour ses éventails en papier peints à la main représentant des paysages et des scènes historiques vietnamiennes.
À 25 km au nord de Hanoï, le village de Đào Thục s’étend entre les rizières de la plaine du Nord, comme des centaines d’autres villages du delta. Rien, de l’extérieur, ne laisse deviner ce qui s’y pratique depuis plus de trois siècles.
Parmi tous les villages artisanaux autour de Hanoï, Đào Thục est sans doute celui qui offre l’expérience la plus rare. La marionnette sur l’eau est un art qui n’existe nulle part ailleurs avec cette profondeur d’enracinement. Les personnages en bois laqué évoluent à la surface d’un étang, tirés par des fils et des tiges invisibles que des artisans manœuvrent depuis l’eau, dissimulés derrière un rideau de bambou, jusqu’à la taille dans le bassin. Carpes bondissantes, dragons cracheurs de feu, paysans au labour, divinités tutélaires : chaque figure raconte un fragment de la vie et de la cosmologie vietnamienne. Ce geste, transmis de génération en génération dans les mêmes familles, a été reconnu patrimoine culturel immatériel national.
Le thủy đình, le théâtre aquatique du village, accueille une troupe de plus de cinquante artisans. Ce n’est pas un spectacle mis en scène pour les touristes : c’est la troupe du village, qui joue ici depuis toujours, et qui se produit aussi à Hanoï, dans les écoles, voire à l’étranger, avant de revenir.
À savoir avant de partir : les représentations n’ont pas lieu tous les jours. Contacter la troupe à l’avance est indispensable pour ne pas faire le déplacement pour rien (Nguyễn Văn Phi : 0989 896 167, page Facebook officielle : Phường múa rối nước dân gian Đào Thục).
Sur la route nationale 1A en direction du sud, à une quarantaine de minutes de Hanoï, le village de Quất Động, dans le district de Thường Tín, fait partie de ces villages artisanaux autour de Hanoï qui revendiquent un titre rare : celui de berceau de la broderie à la main pour l’ensemble du Vietnam.
L’histoire remonte au XVIIe siècle. Un lettré du village, Lê Công Hành, part en mission diplomatique en Chine et en revient avec une technique, celle de la broderie à l’aiguille sur soie, qu’il transmet à ses voisins. Le savoir-faire se diffuse depuis Quất Động vers le reste du pays, puis traverse les siècles. À l’entrée du village, sous un figuier centenaire, son temple reste l’objet d’une dévotion annuelle le 12e jour du 6e mois lunaire, où les artisans du district viennent honorer celui à qui ils doivent leur métier.
Dans les ateliers ouverts sur la rue, des hommes et des femmes sont penchés sur leurs cadres tendus. Particularité de Quất Động : les brodeurs les plus réputés sont souvent des hommes. L’aiguille trace des courbes dans la soie avec une lenteur et une précision qui n’ont rien d’automatique. Les productions du village se retrouvent aujourd’hui dans des collections privées au Japon, en Corée, en France, aux États-Unis et dans une vingtaine d’autres pays. Les visiteurs peuvent s’asseoir quelques minutes à côté d’un artisan et essayer le geste : ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air, et c’est précisément ce qui donne une idée juste de ce que représente une œuvre finie.
Une règle simple avant de choisir : les villages se regroupent par direction. Au sud et sud-ouest (Quất Động, Quảng Phú Cầu, village Chuông, Phú Vinh), au nord (Đào Thục, Cổ Loa), à l’est (Bát Tràng), à l’ouest (Thạch Xá, Chàng Sơn). Mélanger les directions dans une même journée, c’est perdre deux heures inutilement sur la route. Chaque itinéraire ci-dessous respecte une logique géographique cohérente et nécessite une voiture privée avec chauffeur, pour un budget indicatif de 40 à 70 USD la journée selon le kilométrage, chauffeur inclus.
Quất Động → Quảng Phú Cầu → village Chuông → retour Hanoï
Journée complète, environ 100 km, départ 8h00 de Hanoï, retour vers 16h30.
Bát Tràng → retour Hanoï
Demi-journée, environ 30 km, départ 8h00 de Hanoï, retour vers 12h30.
Option : combiner avec Phú Vinh pour une journée complète (prévoir le déjeuner entre les deux villages).
Đào Thục → Cổ Loa → retour Hanoï
Demi-journée, environ 60 km, départ 8h00 de Hanoï, retour vers 12h30.
Condition impérative avant de réserver : contacter la troupe de Đào Thục pour confirmer une représentation le jour choisi (artisan Nguyễn Văn Phi : 0989 896 167). Sans représentation confirmée, le déplacement n’a pas le même intérêt.
On recense plus de 1 300 villages artisanaux dans la région de Hanoï, dont 276 officiellement reconnus pour leur activité traditionnelle préservée, tous situés dans un rayon de 15 à 50 km du centre-ville.
Parmi tous les villages artisanaux autour de Hanoï, cela dépend surtout des envies : Bát Tràng pour la céramique reste le plus accessible et le plus connu, Quảng Phú Cầu pour l’encens est le plus photogénique, et Đào Thục pour les marionnettes sur l’eau offre l’expérience culturelle la plus rare, à condition de réserver la représentation à l’avance.
Une demi-journée suffit pour un seul village, une journée complète permet d’en combiner deux ou trois situés dans la même direction, en évitant de mélanger les zones géographiques.
Oui, c’est indispensable. Les représentations n’ont pas lieu tous les jours, et il faut contacter la troupe du village à l’avance pour confirmer une date, sous peine de faire le déplacement pour rien.
Contactez nos conseillers Visages d’Asie pour organiser cette journée sur mesure dans les villages artisanaux autour de Hanoï, avec ou sans chauffeur-guide selon vos envies. Nous intégrons volontiers cette excursion à votre circuit Vietnam, Laos ou Cambodge.