Vientiane, au Laos, est l’une des villes les plus paisibles d’Asie du Sud-Est, et sans doute la capitale la moins pressée de toute la région. Environ 850 000 habitants, pas de gratte-ciel, peu de tourisme de masse : la ville se visite en un à deux jours, à pied ou à vélo dans son centre historique. De quoi surprendre les voyageurs venus d’Hanoï ou de Bangkok, où tout va toujours plus vite.
Il y a des villes qui s’imposent dès l’atterrissage : la densité, le bruit, le mouvement. Vientiane ne fait rien de tout ça. L’aéroport compte six portes d’embarquement. Les rues du centre sont larges, souvent vides à l’heure où les capitales asiatiques vrombissent. Les frangipaniers débordent sur les trottoirs, des moines en robe safran traversent tranquillement les carrefours.
Pour beaucoup de voyageurs, la première réaction en arrivant à Vientiane au Laos est une forme de déroute légère. On cherche l’agitation, le spectacle, la ville qui justifie son statut de capitale. Et puis quelque chose se passe, difficile à dater précisément : on ralentit. On s’assoit sur un banc au bord du Mékong, on commande une Beerlao et on regarde le fleuve qui sépare le Laos de la Thaïlande, juste de l’autre côté, à deux cents mètres à peine. On comprend alors que Vientiane ne se justifie pas. Elle existe, simplement, à son propre rythme.
Les incontournables à retenir : le stupa doré Pha That Luang (symbole national), le Wat Si Saket (le plus ancien temple encore debout de la ville), le Patuxai (l’arc de triomphe laotien), et les berges du Mékong au coucher du soleil. En dehors du centre, le Bouddha Park mérite le détour à 25 km, et le sauna aux herbes du Wat Sok Pa Luang, ouvert de 13h à 19h, reste l’expérience la plus dépaysante que propose la ville.
« Ce n’est pas Bangkok, ce n’est pas Hanoï », disent souvent les Laotiens avec un sourire légèrement complice. Ils savent très bien ce que leur capitale n’est pas. Ce qu’elle est, en revanche, est beaucoup plus intéressant à découvrir soi-même.
Vientiane est une ville sédimentée. Les Khmers y ont laissé des traces, les royaumes thaïs l’ont pillée puis reconstruite, les Français y ont tracé des boulevards et planté des bougainvilliers, et la révolution de 1975 a changé tout le reste. Chaque couche reste encore lisible dans la ville d’aujourd’hui.
Le Phra That Luang est le monument le plus sacré du Laos et son symbole national. Ce stupa doré, haut de 45 mètres, aurait été érigé dès le XVIe siècle par le roi Setthathirat, et abriterait une relique de Bouddha. Au coucher du soleil, quand l’or du stupa capte les derniers rayons, la scène est d’une beauté presque irréelle.
Ce qu’aucun guide ne dit vraiment : c’est un lieu qui vit. Des pèlerins viennent y déposer des offrandes, fruits, bougies, billets pliés, dans un rituel quotidien qui n’a rien de touristique. Si on a la chance d’y être un jour de fête bouddhiste, l’atmosphère change complètement.
Parmi tous les temples de Vientiane au Laos, celui-ci surprend le plus. À deux pas du palais présidentiel, le Wat Si Saket reste souvent le temple qui marque le plus les visiteurs, davantage encore que le grand Phra That Luang. Des milliers de petites statues de Bouddha, en bronze, en bois, en pierre, s’entassent dans les niches des galeries intérieures. Certaines sont intactes, d’autres ont perdu un bras ou une tête, emportés par les pillages des siècles passés. L’ensemble a quelque chose de mélancolique et de très beau.
C’est le plus ancien temple encore debout de Vientiane : les autres ont été détruits lors des invasions siamoises du XIXe siècle. Celui-ci a survécu, peut-être justement parce que les envahisseurs l’avaient utilisé comme quartier général.
Impossible de visiter Vientiane au Laos sans passer par le Patuxai, souvent présenté comme l’arc de triomphe laotien. Il s’impose par une architecture qui mêle influences coloniales françaises et motifs traditionnels. Monter à son sommet permet d’avoir une vue panoramique imprenable sur Vientiane et sur le Mékong.
L’histoire du monument est savoureuse : il a été construit en partie avec du béton fourni par les États-Unis, initialement destiné à une piste d’atterrissage. Les Laotiens l’ont utilisé pour bâtir un monument à leurs propres héros, et l’appellent parfois « la piste d’atterrissage verticale », avec un humour qui leur ressemble bien. À l’intérieur, des échoppes vendent des souvenirs au milieu de fresques représentant des scènes de la mythologie laotienne.
Construit en 1565 pour abriter le célèbre Bouddha d’émeraude, une statue de jade conservée ici pendant 214 ans avant d’être capturée par le roi de Thaïlande en 1778, le temple fut détruit lors de l’invasion siamoise puis reconstruit par les Français entre 1936 et 1942. Aujourd’hui, le Haw Pha Kaeo est devenu le principal musée d’art religieux du Laos, où l’on admire de nombreuses figures de Bouddha en bronze de toutes tailles. Le jardin qui entoure le bâtiment mérite autant d’attention que l’intérieur.
C’est la sortie la plus étonnante depuis Vientiane au Laos. Situé à environ 25 km à l’est de la ville, ce parc surprenant rassemble près de 200 sculptures en béton représentant des divinités et des personnages des mythologies bouddhiste et hindouiste. Il a été créé en 1958 par un prêtre-chaman, Bouleua Soulilat, un personnage qui échappe à toute catégorie simple. Le résultat est étrange, puissant, parfois inquiétant : des géants de béton émergent de la végétation, et une statue en forme de citrouille géante se grimpe jusqu’au sommet pour voir l’ensemble du site depuis l’intérieur.
Pour s’y rendre, il suffit de prendre le bus 14 à la gare routière de Talat Sao : il coûte environ 60 centimes d’euros, passe toutes les 20 minutes et dépose directement devant l’entrée. C’est l’excursion la plus simple et la moins chère à faire depuis Vientiane.
À une dizaine de minutes du centre, le Wat Sok Pa Luang propose quelque chose qu’on ne trouve pas dans les guides habituels. Sur le côté du temple, un chemin mène à une vieille maison en bois posée au bord de la forêt, une enseigne peinte à la main indique la direction. À l’intérieur, des lits de massage en bambou sont si proches des arbres qu’on pourrait presque toucher les branches en tendant le bras.
Le sauna traditionnel fonctionne avec une eau infusée d’herbes et de plantes : citron, cannelle, menthe, citronnelle, et d’autres plantes médicinales. Les massages sont dispensés par de jeunes novices du temple, une pratique qui existe ici depuis plus de vingt ans. Le meilleur moment pour venir reste la fin d’après-midi, quand la chaleur de la journée redescend. Sauna et massages sont proposés tous les jours de 13h à 19h.
Ce n’est pas un spa de luxe. C’est même l’exact contraire, et c’est précisément ce qui en fait quelque chose d’impossible à reproduire ailleurs.
Une visite à ne pas manquer si vous passez plusieurs jours à Vientiane au Laos. Ce centre de réhabilitation pour les victimes des engins non explosés propose une exposition poignante sur l’histoire de la « guerre secrète » au Laos et ses conséquences. La visite permet de comprendre l’impact de ces armes sur la population, et le travail des organisations pour y remédier.
Le Laos est l’un des pays les plus bombardés de l’histoire. Pendant la guerre du Vietnam, des millions de bombes américaines ont été larguées sur son territoire, en dehors de tout regard international. Des dizaines de milliers d’engins non explosés restent enfouis dans les sols aujourd’hui. Le centre COPE offre une façon sobre, sans pathos, de comprendre ce que cela signifie concrètement pour les générations actuelles. L’entrée est libre.
La gastronomie laotienne compte parmi les plus sous-estimées d’Asie du Sud-Est, et Vientiane au Laos en offre la meilleure introduction.
Le laap, salade de viande hachée aux herbes fraîches et au citron vert, est le plat national. Le khao niao, riz gluant servi dans un petit panier en bambou, accompagne à peu près tout et se mange avec les mains. Le tam mak houng, salade de papaye verte relevée, est la variante laotienne du som tam thaïlandais. Et la baguette lao, héritage français revisité avec des garnitures locales, pâté, concombre, sauce pimentée, se trouve pour environ 10 000 kips (0,45 EUR) le matin au marché.
La baguette lao mérite d’ailleurs une mention à part. Les Français ont laissé le boulanger, les Laotiens ont gardé la baguette et se la sont appropriée, garnie de charcuterie locale, de légumes marinés et de piments qui réveillent. Elle se vend sur des petits chariots en bord de rue, le matin entre 6h et 9h, avant de disparaître. La manquer, c’est manquer quelque chose.
Le soir, le marché de nuit de Vientiane, le long des berges du Mékong, rassemble textiles, artisanat et échoppes de street food dans une atmosphère de fête populaire tranquille. Ce n’est pas le plus authentique des marchés laotiens, mais c’est l’endroit où la ville prend le mieux son rythme du soir.
Depuis décembre 2021, le Laos dispose d’une ligne de train à grande vitesse financée par la Chine, reliée au réseau ferroviaire chinois. Le train a réduit le trajet autrefois éprouvant entre Luang Prabang et Vientiane au Laos, huit heures de bus sur des routes de montagne, à deux heures à peine. Cinq trains par jour relient les deux villes. Depuis juillet 2024, un train de nuit direct relie également Bangkok à Vientiane, avec une nouvelle gare, Vientiane Khamsavath, à 7 km du centre-ville.
Pour les voyageurs francophones qui parcourent le Laos dans le cadre d’un circuit Indochine, cette infrastructure change complètement les possibilités d’itinéraire. Vientiane n’est plus seulement une étape d’arrivée ou de départ : elle devient un nœud depuis lequel on rayonne confortablement vers le nord comme vers la Thaïlande.
Le témoignage qui résume peut-être le mieux Vientiane aujourd’hui, c’est celui de Sophie, une Australienne arrivée pour travailler à l’UNICEF en 1999 et qui n’est jamais repartie. « Je n’ai jamais trouvé ça ennuyeux ici », dit-elle simplement. Elle a fini par ouvrir un café-restaurant au centre-ville, où elle vit désormais avec un visa de chef d’entreprise.
Elle n’est pas seule. La ville accueille une petite communauté d’expatriés francophones, d’ONG, d’enseignants et de travailleurs nomades qui ont choisi la capitale laotienne précisément pour ce qu’elle n’est pas : surchargée, frénétique, spectacularisée. Dans un monde où les capitales d’Asie du Sud-Est se ressemblent de plus en plus, même skyline, mêmes chaînes internationales, même pression touristique, Vientiane tient bon dans sa lenteur. Le Starbucks a ouvert. L’hôtel Hilton aussi, en 2024. Mais la majorité des meilleures adresses restent des tables sans enseigne, des guesthouses familiales, des cafés où le patron apporte lui-même les tasses.
Comment organiser au mieux son passage à Vientiane au Laos ? Une journée suffit pour les incontournables du centre : commencer par le Wat Si Saket et le Musée national le matin, déjeuner au marché Talat Sao, puis monter au Patuxai l’après-midi avant de terminer par un coucher de soleil sur les berges du Mékong depuis la promenade de Fa Ngum.
Deux jours permettent d’ajouter le Bouddha Park le matin du deuxième jour, une pause au Wat Sok Pa Luang l’après-midi, et une balade dans le quartier colonial des ambassades avec ses villas françaises.
Trois jours et plus, et on commence à s’installer. On se perd dans le marché de Talat Thong Khan Kham, on loue un vélo pour longer le Mékong, on essaie de comprendre la langue à travers quelques mots glanés ici et là. C’est à ce rythme-là que Vientiane au Laos révèle vraiment sa nature profonde.
Un conseil pratique : concentrez les visites culturelles le matin et en début d’après-midi, les temples ferment généralement entre 16h et 17h. Les berges du Mékong et les marchés de nuit, eux, s’animent plutôt en fin de journée.
Pour les voyageurs qui découvrent l’Indochine pour la première fois, Vientiane au Laos s’intègre naturellement comme point d’entrée ou de sortie du pays. Le train vers Luang Prabang depuis Vientiane est désormais la façon la plus confortable de relier les deux villes, et la connexion ferroviaire avec Bangkok ouvre aussi des combinaisons Thaïlande-Laos sans prise de tête.
Les circuits Visages d’Asie intègrent souvent Vientiane comme une respiration après un nord du Laos plus intense, entre Luang Prabang, les montagnes et les circuits ruraux. La capitale laotienne offre ce que peu de capitales offrent encore : l’espace pour décompresser, pour ne rien faire d’utile pendant une demi-journée, pour regarder la vie sans que rien ne vous sollicite.
C’est peut-être ça, finalement, la vraie valeur de Vientiane au Laos dans un itinéraire. Pas un monument de plus, pas une case à cocher, mais une pause qui a de la consistance.
Une journée suffit pour voir les incontournables du centre (Wat Si Saket, Patuxai, berges du Mékong). Deux jours permettent d’ajouter le Bouddha Park et le sauna du Wat Sok Pa Luang, et trois jours ou plus laissent le temps de s’installer à son propre rythme
La période de novembre à février est idéale, avec un ciel dégagé et des températures entre 20 et 30°C. Mars à mai est plus éprouvant à cause de la chaleur, et la saison des pluies s’étend de juin à octobre.
Depuis décembre 2021, un train à grande vitesse relie les deux villes en environ deux heures, contre huit heures de bus auparavant. Cinq trains circulent chaque jour.
Le Pha That Luang, un stupa doré de 45 mètres de haut, est le monument le plus sacré du Laos et son symbole national. Le Wat Si Saket, plus ancien temple encore debout de la ville, reste toutefois celui qui marque le plus les visiteurs.
Oui. C’est une capitale à échelle humaine, sans tourisme de masse, où l’on se déplace facilement à pied, à vélo ou en tuk-tuk, et où les Laotiens ont la réputation d’être particulièrement accueillants.
L’équipe Visages d’Asie construit des itinéraires sur mesure pour les voyageurs francophones, avec des contacts locaux dans chaque ville. Contactez-nous pour en discuter.