Si on vous demandait où boire le meilleur café Buon Ma Thuot au Vietnam, la réponse tiendrait en un mot : Dak Lak. Cette province des hauts plateaux, au nord-ouest de Nha Trang, cultive le café depuis plus de deux siècles et en a fait une véritable identité régionale. On y vient pour les lacs, les chutes d’eau et les paysages verdoyants, mais on y reste surtout pour comprendre pourquoi les Vietnamiens vouent un tel attachement à cette boisson. Voici ce qui vous attend si vous faites étape à Buon Ma Thuot pendant votre séjour au Vietnam.
En 2026, selon un reportage de Vietnam Travel Magazine, National Geographic a classé Buon Ma Thuot parmi les meilleures destinations gastronomiques du monde dans son palmarès « Best of the World 2026 ». Une reconnaissance qui confirme ce que les voyageurs ressentent sur place : ici, le café Buon Ma Thuot n’est pas qu’une boisson, c’est un langage culturel à part entière.
Buon Ma Thuot doit son statut à une histoire assez simple : des colons français ont fondé la ville au début du XXe siècle, mais le caféier, lui, poussait déjà dans la région depuis les années 1800, introduit comme culture d’exportation. Les habitants s’en sont approprié la culture, et un chiffre résume bien cet attachement : sur les 2 000 tonnes produites chaque année à l’époque, seule la moitié partait à l’export. Le reste restait sur place, consommé par des familles qui avaient fait du café un rituel social plutôt qu’une simple boisson du matin.
Pour donner une idée de l’échelle : la province de Dak Lak s’étend sur plus de 18 000 km² et compte environ 3,3 millions d’habitants, issus de 45 ethnies différentes. Elle produit à elle seule près de 30 % du café vietnamien. Le robusta y pousse sur une terre volcanique rouge, la fameuse terre de basalte, entre 400 et 800 mètres d’altitude : un terroir qui donne à ces grains leur rondeur en bouche et leur profondeur aromatique si reconnaissable.
Aujourd’hui encore, on se retrouve dans les cafés du coin pour discuter, rire, refaire le monde. Si vous logez chez l’habitant, ne soyez pas surpris de voir votre hôte torréfier lui-même ses grains non traités devant vous : c’est un geste du quotidien, pas une mise en scène pour touristes.
Ce qui frappe à Buon Ma Thuot, c’est la persistance des méthodes de torréfaction traditionnelles. Les cafetiers locaux travaillent souvent en petites quantités, avec des techniques transmises en famille, pour obtenir des arômes riches et parfois surprenants. S’asseoir à une table de rue, commander une tasse fraîchement torréfiée et échanger quelques mots avec le patron du café (surtout accompagné d’un guide francophone qui traduit les subtilités) reste l’un des meilleurs moyens de comprendre cette culture du café si particulière au Vietnam.
Pour aller plus loin, le musée mondial du café de la ville vaut le détour. Son architecture s’inspire des maisons traditionnelles de l’ethnie Ede, et ses espaces retracent les cultures du café à travers le monde, avant de recentrer le propos sur le Vietnam. Ce savoir-faire artisanal, transmis presque intact, reste la vraie signature du café Buon Ma Thuot.
Les voyageurs les plus curieux peuvent aussi assister à un rituel du café traditionnel des Ê Đê, une cérémonie transmise de génération en génération qui en dit long sur le rapport quasi sacré que les habitants de Dak Lak entretiennent avec cette boisson. D’ailleurs, en 2023, le documentaire Đạo Cà Phê (« La Voie du café »), produit par Warner Bros. Discovery et diffusé dans le monde entier, a surnommé la ville la « Cité mondiale du café », saluant au passage un robusta considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs de la planète.
C’est sans doute le moment fort du séjour. Comprendre le café Buon Ma Thuot commence toujours par une marche au milieu des rangs de caféiers, à voir concrètement d’où vient ce qui finit dans votre tasse. Les producteurs locaux expliquent volontiers les différentes variétés cultivées dans la région et les méthodes utilisées pour les faire pousser sur ces terres volcaniques, particulièrement fertiles. C’est ce que l’on appelle une expérience « farm-to-cup » : de l’arbre à la tasse, sans intermédiaire.
Selon la saison, les voyageurs peuvent aussi mettre la main à la pâte : cueillir les cerises de café arrivées à maturité, participer aux premières étapes de préparation avant la torréfaction. Ce n’est pas une simple visite guidée, c’est une immersion dans le geste agricole lui-même, aux côtés de familles qui vivent de cette production depuis des générations.
Difficile de repartir sans avoir goûté le café Buon Ma Thuot sous toutes ses formes. Un peu comme une dégustation de vin, chaque tasse raconte une histoire différente :
Entre café filtre traditionnel et café glacé, les méthodes de préparation varient elles aussi, et c’est justement cette diversité qui fait de la dégustation de café au Vietnam une expérience à part, bien loin des cafés standardisés qu’on trouve ailleurs.
Si le café a mis Buon Ma Thuot sur la carte, c’est aussi la gastronomie du Tay Nguyên qui donne envie d’y rester plus longtemps, et c’est justement ce que National Geographic a salué en 2026. On y goûte le cơm lam, du riz gluant cuit lentement dans un tube de bambou, le gà nướng, un poulet grillé mariné aux herbes locales, ou encore le cá suối, un poisson de rivière pêché dans les cours d’eau des hauts plateaux.
Les repas se terminent souvent autour du rượu cần, un alcool de riz que l’on partage à plusieurs à l’aide de longues pailles en bambou plantées dans une jarre commune : un rituel social hérité des ethnies Ê Đê et M’Nông. Une façon très concrète de comprendre pourquoi cette région a autant marqué les esprits des jurés de National Geographic.
Après les plantations et les dégustations, le café Buon Ma Thuot n’est qu’une partie de l’histoire : la région ne s’y limite pas. On est ici hors des grands circuits touristiques, ce qui laisse la place à des expériences plus authentiques :
Parce que la région produit historiquement la majeure partie du café vietnamien, avec une culture introduite dès les années 1800 et une tradition de consommation locale très ancrée, en plus de l’exportation.
Principalement du robusta, mais aussi de l’arabica en plus petite quantité, ainsi que des variétés de terroir comme le café lak, cultivé par les minorités ethniques des montagnes.
Oui, les voyageurs peuvent visiter les plantations, rencontrer les producteurs et, selon la saison, participer à la récolte des cerises de café.
Une à deux journées suffisent pour visiter une plantation, déguster plusieurs cafés et passer par le musée mondial du café, mais un séjour plus long permet d’explorer aussi les cascades et le lac Lak.
Le magazine a classé la ville parmi les meilleures destinations gastronomiques du monde dans son palmarès Best of the World 2026, saluant à la fois la qualité du café Buon Ma Thuot et la richesse de la cuisine du Tay Nguyên.
Le Vietnam figure aujourd’hui parmi les plus grands producteurs et exportateurs de café au monde, et Buon Ma Thuot en est le cœur battant. Entre visite des plantations, rencontre avec les producteurs, découverte des méthodes de torréfaction traditionnelles, dégustations multiples et incursion dans la gastronomie du Tay Nguyên, cette étape dans la province de Dak Lak transforme une simple tasse de café Buon Ma Thuot en véritable expérience de voyage. Une reconnaissance internationale qui ne fait que confirmer ce que National Geographic vient de saluer en 2026 : peu de destinations racontent une histoire culturelle aussi authentique à travers l’assiette et la tasse